La rencontre consultative de la haute autorité de l’audiovisuel,la HAPA, cette semaine à Nouakchott, présente un bilan 2025 qui parle de la promotion des libertés. Un bilan considéré par les observateurs autocentré, bureaucratique, déconnecté du terrain.
La HAPA se présente comme une autorité de régulation indépendante des médias mais c’est sa composition et ses modes de nominations fortement liées à l’exécutif qui sont pointés du doigt par les observateurs. Et derrière les discours sur la modernisation des médias, la révision juridique, la représentativité et l’extension des compétences, rien ne change dans l’architecture du pouvoir. Les médias proches du régime bénéficient d’une impunité totale. Les voix dissidentes sont surveillées, parfois intimidées, souvent marginalisées. Le pluralisme médiatique est le grand absent, volontairement effacé du bilan 2025. La HAPA ne mentionne pas dans rencontre consultative par exemple les statistiques sur le temps d’antenne, et des rapports sur la couverture politique. Le bilan 2025 parle de la promotion des libertés mais ne dit rien sur les intimidations policières, les convocations arbitraires, les pressions économiques, les campagnes de diffamation orchestrées, les arrestations de blogueurs et enfin les menaces contre les journalistes d’investigation.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 21 mai 2026)
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