
RFI – Newton Ahmed Barry fait aujourd’hui une halte sur la candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal, au poste de secrétaire général de l’ONU, pour remplacer Antonio Guterres, dont le mandat expire en fin 2026. Une bonne candidature piégée par des contingences africaines.
La première contingence est sénégalo-sénégalaise. Cette inimitié née des dernières péripéties qui ont précédé, structuré, même, la présidentielle de mars 2024 qui ne se résorbe pas. Dans cette belle savane sénégalaise, les compétitions politiques peuvent, et sont même souvent, cruelles. Mais jusque-là, quand le peuple arbitrait, les acteurs faisaient montre d’un dépassement chevaleresque. À, Abdoulaye Wade, Djibo Leyti Ka n’avait pas fait de cadeau, ils ont su, malgré tout, se retrouver, longtemps après la victoire du Front de l’Alternance ( le FAL). Leyti Ka avait été très vache avec Wade, pas dans les proportions du différend Sonko-Macky, mais pour l’époque ce fut considéré comme une haute trahison. N’empêche, Wade et Leyti Ka s’était réconcilié et avait compagnonné un bon moment.
Les leaders du Pastef, sous les lambris de la République, n’ont toujours pas su se sublimer et le Sénégal en souffre. La gestion de cette candidature de Macky Sall, à certains égard, est le prolongement de la clarté populiste avec laquelle, la dette dite cachée, certainement répréhensible, a été gérée. Alors qu’une certaine ambiguïté constructive, le temps que la justice passe, aurait évité les tourments économiques actuels au pays. Pour la candidature de Macky Sall, il est certainement tard, mais Faye et Sonko, dans les moments de répit, de ce duel fratricide qui les occupe, devraient méditer ce dicton peul; « la fraternité est une tunique d’épineux. Mieux vaut souffrir les griffures que de s’en dévêtir et exposer sa nudité ». Il y a plus à gagner pour le Sénégal, dans la perspective d’un Macky Sall, secrétaire général de l’ONU, que Macky Sall écroué à Rebeus.
Le Burundais Évariste Ndayishimiye est-il le parrain idéal ?
En l’occurrence pas vraiment. Si Tinube ou Ramaphosa ou encore al-Sissi avait porté la candidature, probablement que les choses auraient été autres. Les scrupules sur les procédures de l’Union africaine, qui n’auraient pas été convenablement suivies auraient été peu mises en avant. À tout considérer, Évariste Ndayishimiye, assurant la présidence de l’UA, ne peut être cloué au pilori pour avoir proposé de soutenir une candidature africaine au prestigieux poste de secrétaire général de l’ONU. Le problème, tient d’avantage à l’hostilité du pays d’origine du candidat. À l’Union africaine, une règle non écrite, veut que les pays se gardent de se gêner mutuellement. Néanmoins, l’attitude du Nigeria, entre autre, n’en reste pas moins surprenante. Motiver son opposition par le respect du droit de rotation est un altruisme qui n’a de sens que si on a l’intention de s’en servir. Alors la question, le Nigeria attend t-il son heure qu’un éventuel succès de Macky Sall pourrait renvoyer aux calendes grecques ? Question à un million de naira.
Quelles sont les chances de Macky Sall ?
Minces, jusqu’à la décision récente du Chili de retirer son soutien à Michelle Bachelet. C’est une situation qui rebat les cartes. Les deux favoris pour succéder à Antonio Guterres ne sont pas les choix de leur pays d’origine. C’est inédit, mais ce n’est pas interdit par les textes de l’ONU. Le plus important c’est d’éviter le veto, éliminatoire d’un des P5 (les 5 pays avec le droit de veto) au Conseil de sécurité. Pour Macky Sall c’est l’imprévisible Trump qu’il faut surveiller. Il faut trouver quelqu’un qui puisse lui parler. À ce stade seul Vladimir Poutine, le peut. À quel prix ou en contrepartie de quoi ? Faites vos jeux, rien ne va plus !
Source : RFI
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