L’Iran, à nouveau frappé par les Etats-Unis, promet de refermer le détroit d’Ormuz

Au lendemain d’une nouvelle vague de bombardements de l’armée américaine contre la République islamique, Téhéran a annoncé, tôt jeudi, la fermeture du point de passage stratégique, ce que Washington a démenti. Les gardiens de la révolution ont dit avoir mené des tirs de riposte au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie.

AFP – Les Etats-Unis ont mené, jeudi 11 juin à l’aube, de nouveaux bombardements contre l’Iran, qui a annoncé des ripostes contre des bases militaires au Koweït et à Bahreïn, et a promis de prendre pour cible tous les navires s’aventurant dans le détroit d’Ormuz.

Les frappes, qui, selon l’armée américaine, ont visé « des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays », ont été déclenchées après que Donald Trump a accusé Téhéran de tergiverser dans les négociations pour arrêter la guerre au Moyen-Orient.

« On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n’arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous », s’était emporté le président américain devant la presse, mercredi.

Le ministre de la défense américain, Pete Hegseth, a, lui, reproché à Téhéran de « jouer au chat et à la souris » dans les négociations. « Si nous devons négocier à coups de bombes, nous négocierons avec des bombes, et nous sommes très doués pour ça », a-t-il menacé.

Les Etats-Unis et l’Iran s’étaient déjà mutuellement attaqués dans la nuit de mardi à mercredi, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril, après plus de cinq semaines de bombardements. Des explosions ont été entendues tôt jeudi matin sur l’île de Qeshm, à Minab, à Sirik et dans le port de Bandar-e Abbas, dans le sud du pays, ont rapporté des médias iraniens.

L’Iran dit avoir tiré des missiles en Jordanie

En représailles aux dernières frappes américaines, les gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont affirmé avoir lancé des drones sur les bases militaires d’Ali Al-Salem et d’Ahmad Al-Jaber, au Koweït, et sur la base aérienne de Cheikh Isa, à Bahreïn. Les médias iraniens avaient auparavant annoncé une attaque contre le quartier général de la 5e flotte américaine à Bahreïn.

Les sirènes d’alerte aérienne ont été déclenchées à Bahreïn, selon le ministère de l’intérieur du royaume. Au Koweït, l’armée a annoncé être en train de « combattre des cibles aériennes hostiles », et l’autorité de l’aviation civile a fermé l’espace aérien de l’émirat.

Les gardiens de la révolution iraniens ont, par ailleurs, affirmé, jeudi, avoir tiré des missiles balistiques sur un centre de commandement américain en Jordanie, en riposte aux frappes des Etats-Unis contre la République islamique. Cette « opération punitive contre l’agresseur » a pris pour cible « la base aérienne d’Azraq et son centre de contrôle, à l’aide de 12 missiles balistiques », ont déclaré les gardiens, cités par l’agence de presse Tasnim, assurant avoir détruit ces installations « et un grand nombre d’avions de combat ».

Téhéran a également averti que ses forces prendraient pour cible tout navire tentant de franchir le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

« A la suite des violations répétées du cessez-le-feu par l’ennemi américain, le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre, ont fait savoir les gardiens de la révolution, cités par la télévision d’Etat. Aucun navire ne doit quitter son mouillage dans le golfe Persique et la mer d’Oman. Toute approche du détroit d’Ormuz sera considérée comme une collaboration avec l’ennemi. »

Dans la foulée, la marine iranienne, citée par les médias, a annoncé que « deux navires qui tentaient de franchir illégalement le détroit d’Ormuz ont été frappés », sans plus de précision. « Vous rendez le détroit sacré d’Ormuz dangereux ? ! Nous ferons de cette région un enfer pour vous », a menacé le commandant de l’aviation des gardiens de la révolution, Sardar Mousavi.

Washington, qui impose un blocus aux ports iraniens, a démenti tout blocage du détroit. « Les navires commerciaux continuent de transiter par le détroit d’Ormuz, ce soir », a soutenu, sur X, le commandement central des Etats-Unis pour le Moyen-Orient (CentCom).

Nétanyahou en appelle aux Libanais

Cette aggravation de la situation dans le Golfe continue d’alimenter la hausse des prix du pétrole. Jeudi matin, le baril de brent de la mer du Nord gagnait 1,7 %, à 94,68 dollars (soit 81,98 euros), et celui de WTI américain 2 %, à 91,84 dollars (soit 79,52 euros).

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a appelé, mercredi, les Libanais à se joindre à la lutte d’Israël contre le Hezbollah, affirmant que leur pays avait été « pris en otage » par le groupe pro-iranien.

Après des frappes israéliennes sur Beyrouth, l’Iran d’abord, puis Israël avaient mené des attaques réciproques dimanche et lundi, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington, le 8 avril.

Téhéran exige que le Liban, où s’affrontent, depuis le 2 mars, son allié du Hezbollah et Israël, soit inclus dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une attaque américano-israélienne contre l’Iran. Plus de 3 600 personnes ont été tuées au Liban dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre.

Source : Le Monde avec AFP

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