Être mukallaf, c’est renoncer à l’idée d’arrêter le progrès, et chercher plutôt à s’y adapter, tout en gardant à l’esprit les exigences de l’éthique. Lors de notre dernière formation à l’École des Mines de Paris sur l’analyse et la modélisation des projets d’IA, nous avons posé cette question à l’un des professeurs (certains intellectuels critiquent l’IA : de quoi ont-ils réellement peur ?) Nous allons partager son point de vue avec vous. En Occident, certains intellectuels ne critiquent pas l’intelligence artificielle par simple rejet de la technologie, mais plutôt en raison des bouleversements profonds qu’elle engendre dans nos sociétés. En revanche, en Afrique, il nous semble que cette critique est davantage liée à des peurs sociales (perte de statut et contrôle du savoir), dans certains milieux cherchant à conserver une position dominante au sein de certaines couches de la société. Les principales craintes. Perte de statut et de prestige : l’IA démocratise des compétences autrefois réservées à une élite intellectuelle. Inquiétudes économiques : l’automatisation de certaines tâches intellectuelles diminue la valeur de certains métiers. Remise en question symbolique : l’IA interroge la singularité de l’intelligence humaine. Risque culturel : appauvrissement de la réflexion critique et dépendance accrue aux outils technologiques. Une résistance historique, comme l’imprimerie, Internet ou la calculatrice, l’IA suscite une opposition initiale, car elle redistribue les rôles et les compétences au sein de la société. Ce que l’IA transforme vraiment dans nos sociétés : Elle automatise les tâches intellectuelles répétitives (résumés, rédaction, recherche d’informations). Elle ne remplace pas le jugement humain, la créativité ou la responsabilité. Deux exemples concrets Boucherie, les outils améliorent la précision, mais le métier subsiste. Et dans la médecine, les machines assistent au diagnostic, mais le médecin reste le décisionnaire final. Les exemples sont légion dans plusieurs secteurs de l’industrie automobile entre autres domaines. L’IA n’élimine pas l’intelligence humaine. Elle l’amplifie pour ceux qui savent l’utiliser correctement. Cependant, elle exige un esprit critique, une vérification rigoureuse et une compréhension approfondie de ses limites. Les critiques envers l’IA découlent à la fois de craintes légitimes (transformation des métiers, risques de dépendance) et de peurs sociales (perte de statut, contrôle du savoir). Le vrai défi n’est pas la disparition de l’intelligence humaine, mais sa redéfinition à l’ère des outils technologiques.
@Yoo Alla Faabo !
Abdoul GUISSÉ
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