La souffrance d’un enfant exige une révolte spirituelle et juridique

Lorsque la souffrance d’un enfant, au lieu de provoquer une veille spirituelle, révèle la décadence d’une société

Une société hors du réel est celle dont la foi s’attache aux symboles et à l’illusion d’être élue, sans produire la responsabilité qu’elle exige. Celle qui exhibe la victime pour mettre en scène l’émotion, puis convoque la race, l’ethnie ou la tribu jusque devant la tragédie d’un enfant. Celle qui laisse les haines anciennes parler par la bouche des enfants et trouve des adultes pour les légitimer.

Le paradoxe est terrible : avoir connu une colonisation facilitée par les fractures tribales et ethniques, et continuer, malgré cette leçon de l’Histoire, à reproduire ces mêmes divisions jusque dans le drame.

Voilà l’irréel persistant dans le réel.

La souffrance d’un enfant exige une révolte spirituelle et juridique : le diagnostic, la justice, la conscience et chez les adultes, la honte et le deuil intérieur.

 

Aissata Ahmedou Tidjane Bal

 

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