Courrier international – “La guerre, que Donald Trump tente de clore diplomatiquement depuis avril, menace désormais de prendre encore plus d’ampleur, au moment où les États-Unis souhaitaient pourtant tourner la page”, analyse The New York Times.
Après avoir été ciblée mardi par une attaque surprise iranienne en Jordanie, l’armée américaine a annoncé le mercredi 29 juillet avoir effectué des bombardements nocturnes de représailles en Iran, rapporte The Wall Street Journal.
Le président américain, Donald Trump, avait annoncé une nouvelle offensive de Washington en réponse aux bombardements iraniens contre des sites militaires américains, “anéantissant les espoirs d’une avancée diplomatique imminente”, commente le quotidien conservateur. “Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée”, avait-il assuré dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.
Bien que l’offensive de mercredi soir ait été d’une ampleur supérieure aux précédentes attaques américaines, elle ne constitue pas un retour à des opérations de combat majeures, a confié un responsable américain au Wall Street Journal.
L’armée américaine a “frappé des dizaines de cibles du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes”, a détaillé jeudi le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X. Ces “lourdes frappes” visaient à “réduire davantage les menaces que l’Iran et ses mandataires font peser sur les forces américaines, le transport maritime commercial et les pays voisins du Golfe”, a précisé le Centcom.
Les médias officiels iraniens ont de leur côté fait état d’attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et de Hormozgan. Sur l’île de Qeshm, “des équipes de secours cherchent à retrouver deux personnes piégées sous les décombres” d’une maison, a indiqué l’agence de presse d’État, Irna.
Téhéran et Washington bloqués
Ces frappes sont toutefois “restées en deçà de certaines menaces récemment proférées par Trump visant les infrastructures iraniennes, notamment les ponts et les centrales électriques”, observe The Washington Post.
Les États-Unis et l’Iran semblent “bloqués”, analyse Dana Stroul, une ancienne haute responsable du Pentagone sous l’administration Biden, interrogée par le Washington Post. “On a presque l’impression que les deux camps continuent de mener des frappes militaires parce qu’ils se trouvent en position de faiblesse”. Pour Dana Stroul,Trump semble “réticent à lancer des opérations militaires d’envergure qui pourraient menacer sa base électorale à l’approche des midterms de cet automne, tandis que l’Iran semble au contraire considérer qu’il traverse un ‘moment unique où son pouvoir de pression est maximal’”.
En limitant l’ampleur des frappes de mercredi, Trump cherche peut-être “à maintenir ouvertes les possibilités de négociations diplomatiques”, estime de son côté David Des Roches, autre ancien responsable du Pentagone, cité par Al-Jazeera.
Pour Vali Nasr, professeur à l’université Johns-Hopkins, la stratégie de Téhéran – qui s’est attaqué mardi à des bases américaines en Jordanie – consiste, elle, “à élargir le champ de bataille de manière considérable, afin de contraindre les États-Unis à défendre un front beaucoup plus vaste”.



