Mauritanien né au Sénégal, je vis à Ris-Orangis depuis une trentaine d’années, avec une interruption de 7 ans où j’étais retourné travailler en Afrique.
Ris m’est donc chevillée au corps, je l’aime et je l’aimerai toujours. Je m’y suis marié, mes enfants y sont nés et y ont grandi.
Je ne me suis jamais vraiment intéressé à la politique nationale française car je suis contre l’ingérence de la France dans la politique africaine. Par cohèrence, je m’abstenais autant que faire se peut de critiquer la France, mon pays d’adoption qui m’a tant donné, de Pointe-à-Pître à Ris-Orangis, en passant par Toulouse et Saint-Étienne. Il m’a permis d’effectuer mes études supérieures, de travailler dans de grandes entreprises, de fonder une famille qui a traversé tous les âges (de Mitterrand à Macron), d’aimer le fromage et le bœuf bourguignon,…
Ce pays aux mille senteurs m’a permis de supporter mon long exil de pullo (peul) sans pâturages. Aujourd’hui je suis persona non grata en Mauritanie, ce bled est un apartheid implanté en plein Sahel où les noirs sont menacés par un génocide multiformes (ethnique, culturel, linguistique, administratif,…)
Je ne me suis également pas impliqué dans la politique française locale, étant engagé depuis une quarantaine d’années dans la lutte des peuples autochtones de Mauritanie pour le respect des droits humains et la non-répétition du génocide de 1989 perpétré contre les fulɓe (peuls). Cette lutte de l’autre côté de la méditerranée aurait masqué le rôle que je pouvais jouer ici à Ris-Orangis, dans la ville qui m’a toujours accueillie à bras ouverts.
Quand je me suis installé en 1997 au quartier de la Réno j’avais été vite rassuré par le maire de l’époque. Thierry Mandon faisait une visite commentée de la ville et ses berges aux nouveaux arrivants. On avait reçu de ses mains un gros livre avec de vieilles photos rappelant la riche histoire de la ville. C’est pourquoi j’avais été très choqué par le changement du logo de Ris-Orangis opéré par la nouvelle maire. Il y a des symboles qui fondent l’identité d’un espace, font l’âme du peuple rissois auquel je m’identifie.
Pendant 55 ans les clés de Ris-Orangis étaient entre de bonnes mains et je n’ai jamais éprouvé le besoin de voler à son secours. L’équipe municipale était dévouée, je me contentais de travailler pour payer mes impôts locaux. Je voyais la bonne utilisation de ma contribution à travers les voiries, le tissu associatif et culturel, ainsi que tous les autres investissements consentis par la Mairie. Pas d’augmentation des impôts malgré la suppression de la taxe d’habitation, les finances étaient saines donc.
Aujourd’hui, c’est différent. Je suis très inquiet par le mode de gouvernance de la nouvelle maire, son style caustique n’est jamais loin du mépris de l’opposition, voire des Rissois.es. Cela conduit parfois à des empoignades entre les habitant.e.s qui, je l’espère, ne détruirons pas de vieilles amitiés ou des solidarités entre voisins.
En jaugeant l’agressivité qui monte dans les réseaux sociaux entre 2 camps qui ne sont séparés que par environ 400 voix aux dernières élections, la sagesse et le bon vivre-ensemble voudraient que tout le monde siffle la fin de la campagne électorale. Stop aux insultes, à la calomnie, aux diffamations. Un peu plus de respect aux Rissois.es.
Le dernier conseil municipal est une VAR qui pointe clairement quel camp viole les règles de la bonne éducation, de la politesse et de la courtoisie. Dans un débat républicain, a-t–on le droit de traiter un.e citoyen.ne de Zigoto ? Madame la maire a franchi cette ligne, elle doit avoir l’humilité de s’excuser si elle veut rassembler tou.te.s les Rissois.es. Elle doit toujours garder à l’esprit qu’elle est la maire d’une ville de 30 milles habitants, c’est bien plus que les 3800 inscrit.e.s qui ont voté pour elle.
Dans la VAR du Conseil municipal du 28 juin 2026, l’opposition s’est montrée disponible et prête à aider. Cette perche sera-t-elle saisie par la nouvelle femme forte ?
Vivons ensemble en toute intelligence, le mal-vivre guette Ris-Orangis à toutes ses portes.
Cette lettre a été envoyée dans certains réseaux sociaux fréquentés par les rissois.es. J’invite les émigrés résidents en France à s’impliquer dans la politique locale, notamment pour faire barrage à l’extrême-droite.
Ris-Orangis le 4 juillet 2026
Siree KAN alias Sammba Ndeet
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TEKRUUR : vieux pays qui borde le fleuve Sénégal.
(Reçu à Kassataya.com le 04 juillet 2026)
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