– « Le football est la plus grande passion commune au monde. Il n’appartient à aucun individu, aucune institution », écrivent, lundi 10 août, les confédérations européenne (UEFA), nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC) dans une « lettre ouverte à la famille du football ». Elles désavouent ainsi un peu plus le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, après son projet d’ouverture à des investisseurs privés, finalement abandonné.
« Il y a du silence là où il devrait y avoir des responsabilités, de la distance là où il devrait y avoir de la transparence. Ce ne sont pas les qualités que le football mérite de trouver dans son leadership », poursuivent les trois confédérations
Les trois confédérations frondeuses n’ont pas été convaincues par la contre-attaque de la FIFA, qui a présenté mercredi dernier des « excuses » pour la polémique créée par son projet de société commerciale, tout en affichant son « plein soutien » à Gianni Infantino.
La lettre envoyée par l’instance mondiale à ses 211 fédérations membres « présente cela comme un défaut de communication, alors que ce dont le football a été témoin est un défaut de jugement », une « rupture fondamentale de confiance envers les institutions mêmes que la FIFA doit servir », déplorent l’UEFA, la Concacaf et l’AFC.
« Il ne s’agit pas d’argent »
En s’adressant à la « famille du football », profondément déchirée dans sa lecture de l’épisode, les trois instances essaient surtout de dissiper les craintes que pourraient nourrir les fédérations restées fidèles à Gianni Infantino, tentées par la manne financière qu’il leur promettait. « Il ne s’agit pas d’argent. Les confédérations ont déjà appelé à une distribution responsable des vastes réserves existantes de la FIFA afin de renforcer davantage l’investissement dans le développement des fédérations membres », écrivent-elles.
L’UEFA – qui menace de boycott tous les tournois de la FIFA –, la Concacaf et l’AFC n’entendent pas non plus « revenir sur l’élargissement des compétitions, les dotations liées à la Coupe du monde ou toute autre décision prise collectivement ».
« Il s’agit de quelque chose de plus fondamental : l’intégrité du jeu, et l’intégrité de ceux qui sont élus pour le diriger (…). Lorsque la confiance est brisée par la tromperie, lorsqu’un individu se place au-dessus du collectif qui lui a confié l’autorité », le devoir « de service envers la famille du football » est « abandonné », estiment les trois instances.



