Courrier international – C’est peu dire que cette prise de parole était attendue. Mercredi 23 septembre, après le discours de Donald Trump devant l’Assemblée générale des Nations unies, c’était au tour du président de la République islamique, Massoud Pezechkian, de s’exprimer. La veille, comme à son habitude, le président américain ne s’était pas montré tendre vis-à-vis des dirigeants de la République islamique, déclarant qu’il devait encore se décider entre parvenir à un accord avec Téhéran ou “anéantir” l’Iran. Des paroles auxquelles le président iranien a eu l’occasion de répliquer aujourd’hui, et ce “avec beaucoup de colère”, relate The Guardian.
En effet, rapporte le média britannique, “Pezechkian a commencé son discours en mettant en avant la frappe meurtrière menée par les États-Unis contre une école au début de la guerre”. L’Iranien a aussi montré un cliché des élèves de cette école de filles de Minab, touchée par un bombardement américain le 28 février 2026, avant d’adresser cette phrase à son auditoire : “Le président des États Unis nous a décrits comme terroristes, […] nous avons été les victimes du terrorisme.”
Ensuite, Pezechkian a réaffirmé que son pays ne se mettrait jamais à genoux face aux États-Unis, que l’Iran s’est défendu d’une attaque, mais que la République islamique restait prête “au dialogue, à la diplomatie et à la négociation”. “Trump doit comprendre l’Iran”, a même lancé le président iranien, alors même que pendant son discours la délégation américaine a quitté la salle. La veille, Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères iranien, en avait fait de même pendant le discours du président américain.
Mais au-delà des formules chocs et des images symboliques qui se bousculent dans les médias, que faut-il retenir du discours de Pezechkian ? À ce sujet, Al-Jazeera a interviewé Ali Rezaei-Yavari, un spécialiste d’affaires internationales établi à Téhéran. L’homme parle d’un message axé sur “la résilience et la résistance”, et évoque un président qui “s’efforce actuellement de projeter une image de défi face aux pressions américaines”. Toutefois, développe le spécialiste dans les colonnes du média qatari, “Pezechkian souhaitait indiquer que la porte de la diplomatie est ouverte, et que l’Iran reste disposé à trouver une solution diplomatique à ce conflit”. Une issue pacifique qui pourrait être nécessaire pour le régime de Téhéran, conclut Ali Rezaei-Yavari, selon qui “la menace la plus dangereuse qui pèse actuellement sur la République islamique d’Iran est la campagne de pression économique maximale, qui s’est avérée être efficace”.



