Dans le classement de Shanghaï 2026, la France se maintient et la Chine progresse

La France compte, comme en 2025, 27 universités dans le classement rendu public samedi 15 août, dont quatre dans le top 100. Les universités chinoises gagnent des places dans un palmarès toujours dominé par les établissements anglo-saxons.

Le Monde  – Chaque 15 août, le classement de Shanghaï réveille, depuis plus de vingt ans, une actualité de l’enseignement supérieur en pleine torpeur estivale. Le suspense est peu intense au sommet de ce palmarès. Depuis sa création en 2003, Harvard truste la première place et le top 10 est composé d’universités américaines et des britanniques Oxford et Cambridge. L’édition 2026 n’échappe pas à cette règle.

Ces résultats obéissent à une certaine logique : l’université chinoise Jiao-tong a conçu ce palmarès à partir de critères anglo-saxons. Au fil des 1 000 établissements retenus sur 2 500 examinés, le classement de Shanghaï dresse ainsi un panorama des universités mondiales à partir de ces normes spécifiques. C’est au-delà de ces premières places que se jouent généralement les inflexions, guettées par les établissements, pour qui ce classement international est un enjeu de renommée important.

En 2026, la France compte une nouvelle fois quatre établissements dans le top 100 : Paris-Saclay reste la première université du monde non anglo-saxon, à la 13e place. L’université Paris Sciences et lettres est à la 33e place (34e en 2025). A la 55e place, Sorbonne Université sort du top 50 (43e en 2025). L’université Paris Cité atteint, elle, la 57e place (60e en 2025).

En tout, 27 universités françaises sont classées dans le top 1000, où, au-delà de la 100e place, le classement est donné par bloc de 100. Deux établissements font leur entrée : l’université de Bretagne occidentale (entre la 601e et la 700e place) et l’université d’Angers (entre la 701e et la 800e place). Et deux sortent : l’INSA Toulouse et l’université Paris-Est Créteil. Sur les 25 universités déjà classées lors de l’édition précédente, 13 sont stables, quatre montent et huit descendent.

« A nombre d’établissements constants par rapport à l’an dernier, la France gagne un rang et se positionne désormais au dixième rang mondial, se félicite le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace dans un communiqué. Cette progression, dans un contexte de concurrence scientifique mondiale toujours plus intense, témoigne de la solidité et de la qualité des travaux scientifiques français ainsi que de la reconnaissance internationale de nos chercheurs. » La France reste la sixième nation la plus représentée dans le top 100.

Les établissements français du top 1000 du classement de Shanghaï 2026

Plus globalement, les universités asiatiques poursuivent leur progression. La Chine, en particulier, monte en puissance d’année en année. Elle a désormais 234 établissements classés (contre 187 pour les Etats-Unis), dont 16 dans le top 100 (contre 13 en 2025), avec l’arrivée des universités Southeast et Tianjin et de l’Institut de technologie de Harbin.

Ces performances valident la stratégie des concepteurs du classement, qui voulaient au départ mesurer l’écart entre les universités chinoises et les meilleures institutions internationales, notamment les universités américaines de l’Ivy League (qui regroupe huit des universités les plus réputées des Etats-Unis), afin d’aider à la modernisation de l’enseignement supérieur du pays. Avec 18 pays représentés, « le top 100 est plus équilibré d’un point de vue géographique », souligne aujourd’hui la société de conseil Shanghaï Ranking.

Méthodologie controversée

Créé par Jiao-tong en 2003 et réalisé par Shanghaï Ranking depuis 2009, ce classement de référence se fonde sur six critères académiques exclusivement quantitatifs : le nombre de Prix Nobel et de médaillés Fields parmi les anciens élèves (10 % du score), le nombre de Prix Nobel et de médaillés Fields parmi les chercheurs (20 %), le nombre de chercheurs les plus cités dans leurs disciplines (20 %), le nombre d’articles publiés dans les revues Nature et Science (20 %), le nombre d’articles indexés dans Science Citation Index et Social Sciences Citation Index (20 %) et, enfin, la performance académique au regard de la taille de l’institution (10 %).

Cette méthodologie stable n’en reste pas moins controversée, car elle fait la part belle aux sciences dures en délaissant les sciences humaines et ne s’intéresse ni au devenir des diplômés ni aux conditions d’études. « Ce classement s’inscrit dans une stratégie où science, technologie et innovation sont mobilisées comme instruments de puissance », expliquait Stéphanie Balme, directrice du Centre de recherches internationales à Sciences Po, au Monde en 2025.

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Source :  Le Monde 

 

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