Coupe du monde 2026 : le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, limogé après l’« échec » des Lions de la Teranga

L’équipe sénégalaise a été éliminée en seizièmes de finale du Mondial face à la Belgique (3-2), alors qu’elle menait deux buts à zéro à quatre minutes de la fin réglementaire du match.

Le Monde  – Pape Thiaw n’est plus le sélectionneur du Sénégal. L’homme qui avait guidé les Lions de la Teranga, en janvier, vers le sacre continental en remportant la finale chaotique de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) – un titre contesté par le Maroc – a été limogé, le 11 juillet, par la Fédération sénégalaise de football. L’élimination de son équipe, dix jours plus tôt, en seizièmes de finale de la Coupe du monde face à la Belgique (3-2) – alors qu’elle menait deux buts à zéro à quatre minutes de la fin réglementaire – lui a été fatale. Il paie cher ses choix tactiques.

« Cette campagne a été un échec par rapport aux objectifs et au talent de notre équipe », a expliqué dimanche 12 juillet Abdoulaye Saydou Sow, le secrétaire général de la fédération sénégalaise, à la Radio-télévision sénégalaise (RTS), la chaîne nationale. Après avoir rendu « hommage » au travail de Pape Thiaw, il a précisé que la FSF avait pris « la décision douloureuse de se séparer » de lui – ainsi que de l’ensemble du staff technique –, estimant que la sélection disposait du « potentiel » pour « arriver au moins en quarts de finale ».

Sur les feuilles de match, le Sénégal était pourtant une promesse : celle d’un jeu rapide, porté vers l’attaque et par des garçons au talent fou comme Sadio Mané, Pape Gueye ou encore Ibrahim Mbaye. « Nous voulons que l’équipe brille », avait déclaré Pape Thiaw peu avant le début du Mondial. Mais les Lions ont déçu tout au long du tournoi en s’inclinant à trois reprises en quatre rencontres. Et c’est probablement loin des pelouses nord-américaines que l’équipe s’est le plus fait remarquer.

Rémunération et primes

Plusieurs « dysfonctionnements » internes sont venus perturber la sélection sénégalaise. Le premier concernait la situation de Pape Thiaw qui était arrivé au Mondial sans avoir signé son nouveau contrat, le précédent étant arrivé à échéance à la fin de la CAN. Pendant plusieurs mois, le dossier a traîné sur fond de désaccords sur la revalorisation de sa rémunération.

« Il y a eu des défaillances à ce niveau », a reconnu M. Sow, tout en pointant la responsabilité du ministère des sports, qui rémunère le sélectionneur et a mis du temps à résoudre le problème. « Il a fallu l’intervention directe du président de la République pour que cette affaire soit stabilisée, a ajouté le secrétaire général de la fédération. C’est un impair qui a peut-être influé sur l’organisation générale de la coupe du monde. »

Autre « dysfonctionnement » : les primes. Celles liées à la victoire à la CAN et à la qualification pour la Coupe du monde n’auraient pas toutes été versées aux joueurs. Une fois encore, devant les caméras de la RTS, Abdoulaye Saydou Sow a admis « un retard, mais ça n’a jamais été un problème » entre les joueurs et la fédération. Le choix de l’hôtel aux Etats-Unis a été également critiqué, son confort ayant été jugé insuffisant, tout comme sa restauration au point que certains joueurs se seraient fait livrer leurs propres repas. « C’est une invention, une manipulation de l’opinion destinée pour la déstabilisation », a fustigé M. Sow.

La presse sénégalaise a également largement relayé une histoire de harcèlement sexuel présumé impliquant le cuisinier de l’équipe nationale aux Etats-Unis. Celui-ci a été renvoyé au pays au cours du tournoi afin de préserver, selon M. Sow, « la quiétude et l’équilibre » du groupe et protéger « l’honneur et la dignité du Sénégal ».

« Lorsque nous avons été informés à travers des actes bien précis, quelle est la mesure conservatoire qu’il fallait prendre ? Est-ce qu’il fallait attendre la police américaine venir menotter un de nos gars parce qu’elle allait faire des enquêtes ?, a-t-il avancé. Il y a des pratiques sénégalaises qui ne sont pas du tout occidentales. Nous n’avons pas les mêmes cultures ni les mêmes civilisations. On peut, ici au Sénégal, parler à une femme, rigoler, tapoter et penser que c’est de la plaisanterie. Aux Etats-Unis, ce n’est pas la même chose. »

La fédération doit désormais trouver un successeur à Pape Thiaw afin de préparer au mieux la prochaine grande échéance : la qualification des Lions pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations, prévue en juin 2027, qui débute en septembre.

 

 

 

 

Source :  Le Monde 

 

 

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