
La visite éclair de Macky Sall à Dakar appelle trois remarques :
1 – Cette visite est à porter au crédit de M. Diomaye Faye (et, par ricochet, au débit de son concurrent. C’est le principe même du jeu à somme nulle) En recevant avec éclat (la ferveur populaire apparente y a aidé) son prédécesseur, Faye est réputé faire preuve d’esprit d’apaisement. Une attitude censée contraster avec le tempérament trempé prêté généralement à son rival
2 – D’où le bémol à apporter à la hauteur de vue du président. Force est de reconnaître que la visite de l’ancien président s’inscrit et s’explique aussi par un contexte qui l’a permise. Pourquoi et pourquoi maintenant ? Sans aller jusqu’à l’instrumentalisation, on peut penser que la rencontre avec le président Sall représente aussi une pierre dans le jardin de l’allié d’hier tout en figurant « la rancune jetée à la rivière ». Pour reprendre une formule célèbre, elle a donc une apparence et une réalité
3 – Enfin, la visite de M. Sall fait penser à ce que des spécialistes des institutions (à l’image de Robert Badinter) appellent, l’appliquant au répertoire èlectoral, « inversion du calendrier »: les législatives après la présidentielle. Un ordre jugé « hérétique. »
Macky Sall a sillonné le monde pour promouvoir sa candidature au poste de Secrétaire Général de l’ONU. Le Sénégal, son pays, le pays qu’il a dirigé, aurait dû être, non une simple étape (de deux heures), tardive de surcroît, mais le point de départ, le prologue, la rampe de lancement de sa campagne. Il n’en a pas été ainsi. Nous savons pourquoi. À la tête de l’État, les relations se portaient moins mal et Macky Sall n’était pas en odeur de sainteté. Les vents contraires n’ont soufflé qu’un peu plus tard. Macky Sall en tire profit par la force des choses en vertu du principe bien connu de l’«alliance de revers.»
Tijane BAL pour Kassataya.com



