– Au coup de sifflet final, les joueurs du Paris Saint-Germain (PSG) envahissent le terrain, en extase. Les titulaires, les remplaçants, l’entraîneur, Luis Enrique, et ses adjoints… Tous partagent un moment de bonheur intense. Pendant de longues minutes, ils s’enlacent et se félicitent au milieu de la pelouse, avant d’entamer une danse de la joie improvisée devant leurs supporteurs, qui les ont encouragés sans relâche tout au long de la soirée.
Les images ont un air de déjà-vu. Comme l’impression de revivre les mêmes scènes qu’il y a un an, à l’Allianz Arena déjà, où les Parisiens avaient connu le plus beau moment de leur histoire. Le 31 mai 2025, ils y avaient célébré leur premier sacre en Ligue des champions, après une démonstration en finale face à l’Inter Milan (5-0).
L’antre du Bayern Munich reste le théâtre des rêves du club de la capitale. Après un match aller somptueux au Parc des Princes, huit jours plus tôt, lors duquel il avait pris un avantage d’un but (5-4), le tenant du titre a réussi à éliminer les Bavarois sur leur pelouse, lors d’une demi-finale retour haletante (1-1), mercredi 6 mai. « C’était un match exceptionnel, une nuit magique, encore à Munich, contre une grande équipe », s’est félicité l’attaquant Désiré Doué, au micro de Canal+. « On est chez nous ! », a ensuite exulté Luis Enrique, qui n’avait pas caché son plaisir, avant la rencontre, de revenir dans cette enceinte bénie.
La jubilation des Parisiens est à la hauteur de la prouesse réalisée : ils vont vivre une seconde finale de rang dans la prestigieuse compétition européenne. Le 30 mai, à Budapest, ils seront opposés à Arsenal, qualifié mardi aux dépens de l’Atlético de Madrid.
Le PSG a obtenu son précieux billet au bout d’un combat éreintant. Après une entame parfaite, avec un but marqué d’entrée par Ousmane Dembélé (3e), sur un service de Khvicha Kvaratskhelia, les Rouge et Bleu, souvent malmenés, ont su résister à la pression des Allemands et de leurs 75 000 supporteurs. Héroïques en défense, ils ont repoussé toutes les tentatives adverses, avant qu’Harry Kane finisse par égaliser dans les arrêts de jeu (90e + 4).
Une équipe solidaire
Certes, plusieurs décisions de l’arbitre leur ont été favorables, notamment en première période, sur des actions litigieuses. Et certes, le trident offensif des Allemands – Harry Kane, Michael Olise et Luis Diaz – s’est souvent montré maladroit dans le dernier geste. Mais la difficulté des Bavarois à percer la muraille parisienne est surtout due à la défense acharnée des coéquipiers de Willian Pacho, intraitable mercredi soir, dans l’axe, au point d’avoir été élu homme du match. Malgré les nombreuses tentatives des locaux, il y avait toujours un pied, un contre ou le portier Matveï Safonov, auteur de plusieurs parades décisives, pour les mettre en échec. Ce qui n’est pas une mince performance, lorsque l’on sait que le Bayern est la meilleure attaque d’Europe, avec 175 buts marqués cette saison, toutes compétitions confondues. « Le PSG a super bien défendu », a reconnu Vincent Kompany, l’entraîneur des champions d’Allemagne, à l’issue du match.
Plus disciplinés et mieux regroupés qu’à l’aller, les Parisiens ont su limiter l’influence des virevoltants ailiers du Bayern, notamment grâce à la prestation de très haut niveau de Warren Zaïre-Emery, qui a maîtrisé Luis Diaz, en remplaçant de manière brillante Achraf Hakimi, blessé, au poste de latéral droit. Sur l’aile gauche, Nuno Mendes s’est également montré solide face à Michael Olise, peu en réussite. Mais si l’arrière-garde du PSG s’est révélée longtemps infranchissable, c’est avant tout car l’équipe a su faire les efforts ensemble, sans jamais rechigner. « On s’est tous battus les uns pour les autres. On a démontré encore une fois un très gros état d’esprit », a souligné Désiré Doué, qui a été un poison constant pour les Bavarois, sur le front de l’attaque. « On n’a pas des joueurs, on a des guerriers », s’est réjoui, de son côté, le président du club, Nasser Al-Khelaïfi.
Comme il avait su le faire lors du quart de finale retour à Liverpool (2-0), dans l’ambiance bouillante d’Anfield, le PSG a une nouvelle fois été capable de souffrir et de tenir le choc dans un contexte hostile. Le signe que cette équipe a gagné en maturité depuis son sacre européen, en mai 2025. Elle est même sûrement plus forte dans sa capacité à surmonter les épreuves sans jamais paniquer, après avoir acquis une plus grande expérience. Sa palette semble plus large, à force de jouer des grands rendez-vous. Le principal mérite revient à Luis Enrique, qui a su bâtir un collectif solidaire et inoxydable. « Aujourd’hui, on a montré que s’il faut défendre en bloc bas et la majeure partie du match, on peut le faire. On aime jouer du beau football mais on aime aussi la lutte et gagner lors d’un combat », a-t-il analysé, en conférence de presse.
Le doublé possible
Une chose n’a pas changé, en revanche, par rapport à la saison passée : le réalisme offensif des champions en titre. Comme ils en ont désormais l’habitude lors des grands matchs, ces derniers ont réussi à convertir leur première occasion, grâce à leur Ballon d’or. Au match aller, ils avaient inscrit cinq réalisations sur leurs… cinq tirs cadrés. Si Ousmane Dembélé reste le leader en attaque, il est épaulé par un Khvicha Kvaratskhelia plus fort que jamais cette saison (dix buts et six passes décisives en Ligue des champions), et de nouveau intenable mercredi soir.
Cette qualification valide définitivement la bascule du projet du club vers le collectif, après la période des vedettes aux ego surdimensionnés (Neymar-Mbappé-Messi). « La star, c’est l’équipe. Tout le monde veut se battre. Ça, c’est le football, ça, c’est le PSG », a insisté Nasser Al-Khelaïfi.
Première formation française à atteindre la finale de la Ligue des champions à trois reprises, Paris est également la première équipe à se qualifier pour deux finales d’affilée depuis Liverpool, en 2018 et 2019. En cas de nouvelle victoire, le 30 mai, à Budapest, le champion d’Europe en titre serait le premier à faire le doublé depuis le Real Madrid, vainqueur à trois reprises entre 2016 et 2018. Si Luis Enrique a rappelé avoir « toujours cru » à ce scénario, y compris en début de saison, quand son équipe se montrait plus irrégulière, ses joueurs ont souligné la nécessité de « rester humbles » avant d’affronter Arsenal.
« Il faut garder la même mentalité que l’année dernière », a mis en garde Marquinhos, le capitaine emblématique, soulignant que gagner une deuxième fois serait « encore plus dur ». Pas question de tomber dans l’euphorie. Même si, après tant d’années d’échecs, le PSG semble avoir désormais la recette pour atteindre les sommets.
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