Avant de prendre la route des vacances, passer aux toilettes « au cas où » n’est pas une si bonne idée

Avec le temps, cette précaution prise avant les longs trajets peut avoir des répercussions sur le fonctionnement de la vessie.

Le HuffPost – « N’oubliez pas de passer aux toilettes avant de partir ! » Cette phrase, vous l’avez sans doute déjà entendue et même prononcée avant un long trajet en voiture, afin d’éviter un arrêt trop précoce sur une aire d’autoroute ou, si vous avez des enfants, de prévenir un accident pipi.

Mais avant de la rabâcher cette année, vous voici désormais prévenu : le « pipi stratégique » ou « de commodité », avant de prendre la route ou même d’aller au lit, ne serait pas forcément une bonne idée. Du moins si cela se produit plusieurs fois, expliquent plusieurs experts au New York TimesLe risque ? Que cela dérègle le mécanisme de communication naturel entre la vessie et le cerveau, et ainsi diminue votre capacité à vous retenir.

« Ce comportement peut entraîner un mauvais fonctionnement de la vessie et provoquer des dysfonctionnements vésicaux », confirme auprès du média américain Parade l’infirmière spécialisée en uro-gynécologie Nicole Waetzman.

Un risque d’hyperactivité vésicale

En moyenne, la vessie d’une femme peut contenir jusqu’à 500 millilitres d’urine et celle d’un homme 700 millilitres. Lorsque notre vessie commence à se remplir – en moyenne entre 150 et 250 millilitres de liquide -, elle envoie des signaux vers le cerveau pour nous indiquer qu’il est temps d’aller aux toilettes. C’est donc à ce moment-là que « l’envie de faire pipi » se fait ressentir.

Or, aller aux toilettes par précaution alors qu’on n’en a pas vraiment envie perturbe ce système de communication. « Uriner fréquemment alors qu’on n’en a pas vraiment besoin peut habituer sa vessie à contenir moins d’urine et perturber la communication entre le cerveau, la vessie et le plancher pelvien, ce qui peut entraîner des symptômes d’hyperactivité vésicale », résume Nicole Waetzman.

Ainsi, si vous avez l’impression d’aller aux toilettes très souvent, sans que votre vessie soit remplie, que vous ressentez fréquemment une envie urgente d’uriner et que vous avez parfois des fuites urinaires en vous rendant aux toilettes, cela peut être le signe que votre vessie alerte votre cerveau trop tôt. « Avec le temps, il se peut que vous ne sachiez plus si une envie pressante correspond réellement à un besoin d’uriner ou s’il s’agit simplement de symptômes d’urgence alors que votre vessie n’est pas pleine », explique l’uro-gynécologue Lopa Pandya à ParadeSe lever plusieurs fois par nuit pour aller faire pipi peut aussi être le signe d’une hyperactivité vésicale, ajoute la Cleveland Clinic sur son site.

En outre, explique au New York Times Kathryn Burgio, psychologue comportementale à l’Université d’Alabama à Birmingham, uriner avant d’en avoir envie augmente le risque de forcer. Or, cela est loin d’être recommandé : cela exerce une pression sur les muscles du plancher pelvien, ce qui peut potentiellement les affaiblir. À terme, cela peut accroître le risque de fuites urinaires, occasionner une pesanteur et des douleurs, notamment lors des rapports sexuels.

Réduire les envies pressantes, c’est possible

Si vous avez pris l’habitude de faire des pipis stratégiques, pas de panique, rassurent les experts : il est tout à fait possible de « déshabituer » son cerveau à aller trop souvent aux toilettes. Le Dr Kathryn Burgio livre même quelques conseils pour réduire les envies pressantes d’uriner : tester la respiration profonde, essayer de distraire son esprit et même les affirmations positives telles que se dire à plusieurs reprises « Je maîtrise la situation ». Le New York Times cite également quelques études préliminaires montrant que la méditation de pleine conscience pourrait aider atténuer l’envie irrépressible de soulager sa vessie.

Les experts conseillent aussi de diminuer la consommation de café, d’alcool ou de boissons sucrées, qui provoquent des envies plus fréquentes d’uriner. Et, si ces envies persistent et/ou sont accompagnées d’incontinence, de ne pas hésiter à consulter. Seul un médecin pourra déterminer si ces symptômes sont ceux d’une affection comme le diabète de type 2 ou l’apnée du sommeil. Il pourra aussi, si besoin, prescrire des séances de rééducation périnéale à pratiquer chez un kiné ou une sage-femme pour apprendre à contrôler et à renforcer les muscles du plancher pelvien.

Charlotte Arce

Source : Le HuffPost (France)

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page