
So Foot – Auteur d’un but et d’une passe décisive face au Barça, Désiré Doué a une nouvelle fois montré qu’il avait tout d’un grand champion. Déjà en feu la semaine passée face à Manchester City, le feu follet semble prendre ses responsabilités : ne serait-ce pas lui, le patron offensif du PSG ?
Le cuir retombe dans ses pieds à quelques mètres de la surface. Il s’avance, fait danser trois (malheureux) défenseurs du FC Barcelone, puis frappe sans trop se poser de questions : Désiré Doué ouvre le score pour le PSG, et lance avec ce bijou la folie de cette belle soirée de Ligue des champions. L’ancien Rennais semble marcher sur l’eau, et orchestre une nouvelle victoire du collectif de Luis Enrique (4-2) avec un pion et une passe décisive sur corner (pour Lucas Hernandez).
DÉSIRÉ DOUÉ LANCE LE PSG FACE AU BARÇA ⚡️
Les Parisiens punissent les Catalans après une mauvaise relance de Lamine Yamal 👀#PSGBAR | #UCL pic.twitter.com/gHVtOaX0T0
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) October 20, 2026
Si DD14 régale et se retrouve logiquement élu homme du match, le voilà qui paraît franchir un cap. Déjà face à Manchester City (2-4), l’international français n’avait pas caché la dynamite qu’il gardait dans ses crampons, également auteur d’un caramel et d’un caviar pour Ousmane Dembélé. Les meneurs offensifs Dembouz et Kvara peuvent flancher, mais les doubles champions d’Europe n’ont pas de quoi s’affoler quand le bonhomme de 21 ans se montre aussi présent.
L’homme à tout faire
Avec 53 ballons touchés, 74% de passes réussies et une créativité débordante face au Barça, Désiré Doué est loin de connaître la même panne d’inspiration que ses copains. Depuis le 5 octobre, le natif d’Angers a claqué quatre buts et quatre passes décisives en seulement cinq joutes. Plus fou : lors de ces matchs, le Rouge et Bleu n’a été titulaire qu’en Ligue des champions. Préservé, le joyau de Paname montre qu’il en a dans les jambes pour les soirs de gala, à l’image de ses dribbles et de ses maintes tentatives de percées dans la surface catalane ou de sa sublime passe du talon délivrée juste avant la pause. L’ancienne pépite du Roazhon Park est à l’origine de la construction de la grande majorité des actions offensives parisiennes, donnant le plus souvent lieu à des phases de jeu plaisantes à regarder. Lorsque Doué marque avec le club de la capitale en compétition officielle, la défaite n’est pas au rendez-vous : le succès de ce mardi soir est le 29e consécutif avec une réalisation du polyvalent prodige.
Longtemps, le principal reproche adressé à « Desire Gifted » tenait justement à cette gourmandise : un dribble de trop, une percussion lancée sans lever la tête et quelques ballons engloutis dans l’envie de tout faire tout seul. Le garçon n’a pas rangé ses arabesques au placard, heureusement, mais elles ne ressemblent plus à des numéros gratuits. Ses initiatives individuelles cassent désormais des lignes, créent des décalages et débouchent sur des mines ou sur des offrandes, tandis que ses choix servent beaucoup mieux les mouvements de ses partenaires. Désiré n’est donc pas devenu moins individualiste : il a simplement appris à mettre son talent individuel au service du grand tout parisien et à le rendre plus malléable.
J’ai toujours eu l’habitude de défendre, je pense que vous l’avez vu depuis deux ans, ce n’est pas nouveau.
Et si le numéro 14 régale pour sûr en attaque, il n’en oublie pas la défense pour autant, à l’image de ses nombreux replis. Le principal intéressé commente en zone mixte : « Si pour vous quand je marque, je suis dans ma meilleure forme, alors peut-être. Mais il y a encore beaucoup de choses à améliorer, je vais continuer à travailler et à marquer. J’ai toujours eu l’habitude de défendre, je pense que vous l’avez vu depuis deux ans, ce n’est pas nouveau. On a tous fait des efforts ce soir, on a tous été très concernés. »

Le plaisir avant tout
L’ailier le rappelle, le plus important reste de « prendre du plaisir sur le terrain et se donner à fond ». À force de disputer des soirées européennes, Désiré Doué semble surtout avoir appris à ne plus les vivre comme des examens. Là où la pression du grand rendez-vous raidit certains joueurs, elle paraît libérer le Parisien, qui tente une talonnade ou un dribble dans la surface avec la décontraction d’un môme sur un city-stade. Son insouciance ne relève plus de l’inconscience : le bonhomme sait désormais quand provoquer, quand lâcher son ballon et quand prendre la lumière. Face au Barça, il n’a pas cherché à prouver qu’il pouvait devenir le patron, il a simplement joué comme s’il l’était déjà.
À le voir gambader de la sorte, difficile en tout cas d’imaginer que « Dez » avait la tête encombrée par le prochain Ballon d’or. Là où Ousmane Dembélé et Kvicha Kvaratskhelia donnent parfois l’impression de subir le poids de leurs ambitions individuelles, Doué joue comme si aucune campagne médiatique n’existait. Il tente, rate, recommence et s’amuse, sans chercher à fabriquer chacune de ses actions pour les compilations. Paradoxalement, c’est peut-être en se préoccupant le moins des récompenses personnelles qu’il ressemble aujourd’hui le plus au véritable boss du PSG.
Suzanne Wanègue
Source : So Foot (France)
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