Au Sénégal, lancée début septembre 2026 par un collectif d’influenceurs et de citoyens se présentant comme apolitique, la campagne « 30 jours pour le juste prix » continue de prendre de l’ampleur, notamment sur les réseaux sociaux.
L’initiative vise à dénoncer la hausse du coût de la vie et à sensibiliser l’opinion sur les difficultés croissantes des ménages.
Le mouvement s’est structuré autour du hashtag #30JoursPourLeJustePrix. Certains internautes, au Sénégal comme dans la diaspora, publient régulièrement sur TikTok, X et Instagram des vidéos montrant leurs achats quotidiens ou témoignant de la flambée des prix. Ils dénoncent notamment le coût de l’alimentation, du logement, de l’électricité et de certains loisirs, jugés disproportionnés par rapport aux revenus moyens des Sénégalais.
Une dynamique que soutient aussi Ibrahima Niang, enseignant-chercheur au département de sociologie de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar et fondateur du think tank Institut des études africaines et asiatiques au Sahel. Interview.
Ibrahima Niang : Une grande marche a été organisée à partir d’un grand marché ici à Dakar, qu’on appelle le marché Castors de Dakar (parfois orthographié ou prononcé « Kassor » localement). Après, ils ont longé l’avenue Bourguiba pour poursuivre la randonnée pour mobiliser les citoyens sénégalais.
DW : Si le mouvement a été lancé sur les réseaux sociaux, il s’intensifie sur le terrain ?
Ibrahima Niang : dans les plateaux de télé, mais aussi à travers les relais, les marchés qui existent dans les différentes capitales de ce pays. Les gens sont en train de se mobiliser, de porter ce mouvement-là pour qu’il y ait un retour du juste prix, au niveau des marchés et des grandes surfaces de Dakar.
Je pense que c’est une initiative qui est à saluer parce que la vie est excessivement chère à Dakar et ça ne s’explique pas aujourd’hui.
Si vous comparez les prix qui existent dans les grandes capitales européennes, vous serez surpris. Le café, par exemple dans les grandes surfaces à Dakar, coûte beaucoup plus cher que dans les grandes surfaces allemandes. Je me suis amusé la dernière fois à sortir une brochure d’un magasin allemand du nom de Netto. J’ai comparé le prix du café de 500 grammes qui tourne autour de six à 7 €. Et ici à Dakar, vous l’avez autour de 250 grammes, vous l’avez eu au même prix, voire même plus. On peut aussi noter la hausse du prix de la viande.

Le kilogramme de viande coûtait 4000 francs CFA, aujourd’hui, il se négocie autour de 5000 à 5500 francs CFA. Et je ne parle pas de la viande de mouton qui aujourd’hui avoisine les 6000 à 7000 francs CFA. Sans oublier le prix du carburant à la pompe. Si vous comparez les prix à la pompe dans les différentes stations de Dakar ou dans les villes intérieures, et que vous faites cette même comparaison par rapport à certaines capitales de l’Afrique de l’Ouest, vous allez vous rendre compte que les prix sont beaucoup plus élevés à Dakar. Ajoutez à cela ce lourd fardeau de la dette qui plombe l’économie du pays, vous imaginez un peu les conditions dans lesquelles les Sénégalais vivent ces derniers moments.
Source : Deutsche Welle (Allemagne)
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