En Mauritanie, l’opposition cherche une position commune face aux appels à un troisième mandat

 RFIEn Mauritanie, l’opposition démocratique, qui réunit plus de 15 partis politiques, a tenu mardi 15 septembre une assemblée générale. Au programme : la désignation d’un nouveau président par intérim à la tête de cette coalition, mais aussi les principales questions d’actualité du pays, dont la question d’un éventuel troisième mandat.

Les conditions de vie des citoyens, confrontés à la hausse du coût de la vie, ont notamment été évoquées, tout comme la préparation du prochain dialogue politique. Mais c’est surtout la question d’un éventuel troisième mandat du président Mohamed Ould Ghazouani qui cristallise les tensions.

Depuis plusieurs semaines, des élus locaux appellent en effet le chef de l’État à briguer un troisième mandat, en mettant en avant son bilan et ses réalisations. L’opposition rappelle, elle, que la Constitution mauritanienne limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Lors de son dernier face-à-face avec la presse nationale, Mohamed Ould Ghazouani avait assuré qu’il ne s’inscrivait pas dans une démarche contraire à la Constitution.

Au cours de cette assemblée générale, la quinzaine de partis politiques a cherché à s’accorder sur une position commune face à ces appels répétés au troisième mandat. Pour Abdoul Gourmo Lo, professeur de droit et vice-président de l’Union des forces de progrès, ils remettent aujourd’hui en cause la préparation du dialogue. Selon lui, la question ne figure plus à l’ordre du jour des discussions : « Les discussions sur le dialogue avaient été suspendues jusqu’à ce qu’il soit accepté qu’il n’y aurait pas de thème spécifique lié au troisième mandat. Donc, pour nous, les choses étaient claires. »

Dialogue politique menacé

Mais à l’approche de la phase active du dialogue, les appels à une nouvelle candidature du président se multiplient à nouveau. Pour Abdoul Gourmo Lo, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution est juridiquement impossible. « Voilà qu’ils reviennent à la charge, cette fois-ci de manière ouverte, publique. La question de l’introduction d’une révision constitutionnelle est impossible, juridiquement parlant, relativement à ce troisième mandat. »

Le responsable de l’UFP estime que cette situation « cause de l’émoi » et fait peser un doute sur la tenue du dialogue. « Je pense que ce sont des actes de provocation qui proviennent des milieux au sein du pouvoir, qui ne veulent pas du dialogue, comme ça a été le cas précédemment », peste-t-il.

L’opposition attend désormais de voir quelle position adoptera le chef de l’État face à ces appels à un troisième mandat, poursuit Abdoul Gourmo Lo : « Va-t-il immédiatement arrêter cette campagne éhontée contre le troisième mandat ou va-t-il laisser faire les choses ? »

Source : RFI

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