
So Foot – Pour tous et toutes, c’est un rêve. Pour quelques-uns seulement, une réalité. Tenter de devenir sportif professionnel requiert un investissement tel qu’une grande majorité d’apprentis footballeurs délaissent l’école durant leur formation. Subsiste une question : que deviennent les jeunes laissés sur la touche ?
Depuis dix ans, la VINCI Mixed Cup révolutionne le football de demain en réunissant les meilleures équipes françaises et européennes des centres de formation autour d’un format unique où les performances des U16 féminines et U15 masculins s’additionnent pour ne faire qu’un.
Il est plus dur de devenir footballeur professionnel que d’intégrer l’École polytechnique, HEC ou une grande école. Les chiffres divergent, mais on estime à environ 1 % la part de jeunes licenciés amateurs qui signent un contrat professionnel. Selon la FFF, la proportion monte à 18 % si on considère les jeunes entrés dans des structures de formation. C’est peu. Très peu. Mais à 14, 15 ou 16 ans, on n’écoute pas grand monde. On entre au lycée, et quand on a la chance d’intégrer un centre de formation, seul le football compte. Face aux perspectives et à l’emploi du temps, il devient vite tentant de délaisser le reste. Et pourtant.
Horizon des possibles
Toute la durée du centre de formation, et même à l’âge de la préformation, en fin de collège, les clubs de football dispensent à leurs pensionnaires des bases éducatives nécessaires. Généralement, les journées se divisent ainsi : cours le matin, pratique du football l’après-midi. Si les emplois du temps sont denses, les temps scolaires occupent une grande partie du quotidien des jeunes. Chaque structure insiste sur deux piliers : sportif et éducatif. « Les jeunes ont cours du lundi au vendredi matin de 9h à 13h, en petits comités. Les formations sont dispensées à cinq minutes à pied de leur lieu de vie. C’est optimal, détaille Romuald Hamon, directeur du centre de formation féminin du Paris FC. Leur projet scolaire est orienté vers l’obtention du bac. Et plus globalement, l’objectif est de former des joueuses pleinement citoyennes et orientées vers la haute performance. »
Le premier levier de performance ? Agir sur le socle éducatif.
Au Paris FC comme ailleurs, chaque nouvelle joueuse du centre s’engage en signant une convention. Ce contrat détaille ses objectifs et responsabilise. L’ado doit prendre en main sa carrière. « Le premier levier de performance, pour les formateurs, est d’agir sur le socle éducatif de la joueuse, poursuit Romuald Hamon. On essaye de permettre aux jeunes de s’identifier au projet et aux valeurs du club : l’excellence, le respect, la rigueur et l’engagement. Tous ces mots sont inscrits dans notre salle. » Un quotidien vers le haut niveau, donc, entre le sportif et l’école. Le parcours scolaire d’Ayyoub Bouaddi, transféré cet été à Manchester City contre 100 millions d’euros, inspire, tout comme ceux de Clara Mateo, Daphné Corboz, Théa Gréboval et Gaëtane Thiney. Les trois premières, joueuses professionnelles du Paris FC, sont respectivement ingénieure, biochimiste et kiné, et Thiney est directrice sportive du club. Mais derrière ces parcours exemplaires, beaucoup de jeunes doivent aussi apprendre à construire un autre avenir lorsque le rêve du football professionnel ne se concrétise pas.

Soft skills et adaptation
« Notre projet d’excellence repose sur ces trois aspects : humain, sportif, scolaire », synthétise avec fierté Romuald Hamon, qui a également accompagné les U16 féminines du Paris FC lors de la dernière VINCI Mixed Cup. Le temps des internats froids et austères passés à enchaîner les jongles semble révolu. Et si tout le monde ne passe pas professionnel à cause de ces fameux mauvais endroits au mauvais moment, le monde du football insiste : l’apprentissage sportif du haut niveau trouve un écho dans le monde de l’entreprise. C’est pourquoi, depuis deux ans, le cursus du centre de formation du Paris FC intègre le programme Give Me Five de VINCI, partenaire historique du Paris FC. À raison d’un atelier mensuel, ce parcours d’accompagnement proposé aux élèves en classe de première, permet aux jeunes de construire leur projet d’orientation, de développer leur confiance et de favoriser leur future insertion professionnelle.

Paris FC – Give Me Five – Vinci
Ophélia Duval, directrice inclusions et engagement chez VINCI, développe : « On renseigne les jeunes sur les compétences transférables : même s’ils cherchent d’abord à poursuivre leurs rêves et apprennent beaucoup de savoir-faire pour devenir excellent au football, une grande majorité de leurs acquis leur seront bénéfiques dans d’autres métiers. » Sont évidemment cités le travail en équipe, la force du collectif, mais aussi toutes les compétences associées au sport : détermination, rigueur, observation, état d’esprit, positivité. Cet ensemble forme les fameux soft skills, souvent plus utiles que des lignes de CV dessinés avec l’intelligence artificielle. Ces bases permettront aux jeunes de bifurquer ou de s’adapter en temps utile, après la fin éventuelle de leurs rêves professionnels. Un win-win synthétisé ainsi par Ophélia Duval : « Tous ces jeunes ont des qualités à faire valoir au-delà même du foot. Et pour un groupe comme le nôtre, la diversité des parcours est une richesse. » Ouvrir le champ des possibles, en somme.
Aux côtés de VINCI, les jeunes du Paris FC sont ainsi allés voir les aménagements de la gare de Châtillon Montrouge, au sud de Paris, destinée à accueillir la future ligne 15 du métro francilien. Un trou creusé à 30 mètres de profondeur, visité avec casques de chantier et chasubles de sécurité, aux côtés des équipes d’une entreprise de VINCI, qui permet de découvrir autre chose que le football. Le parcours de formation inclut aussi l’art oratoire, initiation à l’IA et sensibilisation aux enjeux environnementaux. Dans le jargon des recruteurs, continuer d’acquérir ces savoir-être détermine ensuite à l’employabilité d’un ancien footballeur, aussi démotivé soit-il après la fin de ses rêves de professionnalisme.
À l’ère des formations de bac + 5 partagées par de nombreuses écoles, de plus en plus d’entreprises regardent même désormais du côté du sport pour recruter. « Des profils de sportifs viennent enrichir toutes les entreprises, » synthétise Ophélia Duval. Une manière de rappeler que le jeu reste toujours ouvert et que les compétences acquises dans le sport ouvrent de nombreuses portes, au-delà des terrains.
SF
Source : So Foot (France)
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