Si Kane Ousmane dirige cette commission, je suis convaincu que l’enquête sera rigoureuse, bien documentée et menée avec sérieux.
Son expérience et la composition de la commission qui comprend notamment l’Inspecteur général d’État, le président de la Commission nationale de contrôle des marchés publics, des responsables du secteur énergétique ainsi que des experts internationaux constituent déjà des garanties importantes.
J’ai vu plusieurs publications évoquer son parcours, mais très peu ont rappelé un précédent révélateur, en 2020, alors qu’il était ministre des Affaires économiques et de la Promotion des secteurs productifs, Kane Ousmane avait dirigé la mission ministérielle chargée d’évaluer le fonctionnement de la Zone franche de Nouadhibou.
Cette mission avait produit un rapport particulièrement critique et recommandé une profonde réforme de l’institution. À l’époque, beaucoup s’attendaient même à la suppression pure et simple de la Zone franche. L’État avait finalement choisi de la maintenir, tout en révisant son cadre juridique et en réduisant progressivement certaines de ses prérogatives. Cette réforme avait notamment été engagée par la modification, en 2021, de la loi portant création de la Zone franche.
Je ne doute donc pas que Kane Ousmane et son équipe puissent produire, dans le délai annoncé de trente jours, un rapport sérieux permettant d’établir les causes directes et indirectes des incendies, d’identifier les éventuelles responsabilités et d’évaluer les défaillances techniques, administratives et opérationnelles.
Mais une enquête, aussi excellente soit-elle, ne constitue que la première étape. Le véritable enjeu sera la suite que l’État décidera de lui donner, publier les conclusions, désigner clairement les responsabilités et appliquer les recommandations.
Comme dans le dossier de la Zone franche, Kane Ousmane peut établir un diagnostic rigoureux et proposer des solutions, la décision finale, elle, restera politique.
Espérons donc que ce rapport ne servira pas seulement à faire la lumière sur les incendies, mais aussi à empêcher que le pays ne replonge dans le noir.
Souleymane Hountou Djigo
Journaliste, blogueur
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