À 44 ans, Dr Wane a consacré plus d’une décennie de sa vie à soigner et accompagner les personnes les plus vulnérables. Après sa formation, une opportunité professionnelle s’était présentée à Dakar. Mais en 2012, il fait le choix de rentrer dans son pays.
« Je voulais revenir chez moi et surtout pouvoir être utile là où les besoins étaient les plus importants. »
Un an plus tard, son parcours le conduit à Bassiknou, dans le Hodh El Chargui, où il rejoint le camp de Mbera. À cette période, de nombreux réfugiés maliens, ayant quitté leur pays dans un contexte marqué par l’insécurité et les violences pour chercher refuge en Mauritanie, arrivent progressivement au camp. Dr Wane intègre alors une petite équipe médicale confrontée à une demande considérable.

UNICEF Mauritanie/MSamba/2026
« Les besoins étaient énormes. L’équipe était réduite face à l’afflux de patients, et il fallait répondre à toutes ces situations. Nous recevions des enfants, des femmes, des personnes âgées… », affirme-t-il, le regard encore marqué par ces premières années au camp.
Au fil des années, certains visages restent plus longtemps que d’autres dans sa mémoire. Parmi eux, celui d’un enfant de 8 ans, arrivé au centre dans un état critique et sans connaissance. Toute l’équipe s’était mobilisée pour le sauver. L’enfant a finalement repris vie.
« Aujourd’hui, il a grandi et va à l’école. Le voir avancer est une immense satisfaction. Ce sont des moments comme celui-là qui donnent du sens à notre travail. »

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Depuis, Mbera a beaucoup changé. Les services de santé et les infrastructures se sont renforcés, et l’équipe médicale compte aujourd’hui 40 professionnels. Chaque mois, le centre accueille plus de 2 000 personnes, dont plus de 500 enfants et près de 1 000 femmes pour des consultations de routine et un suivi prénatal.
Cette évolution est le fruit d’un engagement collectif. Entre 2012 et 2019, le HCR, MSF, ALIMA et la CRF ont contribué au développement des services de santé à Mbera. Depuis 2020, le Gouvernement mauritanien, à travers le programme INAYA, a progressivement repris la gestion de ces services, avec l’appui de plusieurs partenaires, dont l’UNICEF.

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En parallèle, les fonds CERF ont permis de renforcer la réponse sanitaire dans les sites d’urgence hors camp.
Aujourd’hui, cette réponse se poursuit, avec le soutien de l’Ambassade du Japon et de l’AECID avec l’appui technique de l’UNICEF, à travers le renforcement des structures de santé, le déploiement de cliniques mobiles et la mise en œuvre d’activités de vaccination intensive, afin de rapprocher les soins et la vaccination des populations les plus éloignées et vulnérables.
Avec le recul, Dr Wane mesure le chemin parcouru, mais aussi ce qui reste à faire.
« Quand je compare la situation d’aujourd’hui à celle de mes premières années ici, il y a eu beaucoup de progrès. Mais les besoins restent importants. »
Car derrière les infrastructures et les chiffres, il y a toujours des familles qui ont besoin d’être accompagnées. À Mbera, les équipes continuent chaque jour à répondre aux besoins de santé et de protection, notamment ceux des enfants et des femmes.

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« Notre travail continue. Il y a toujours des enfants à soigner, des femmes à accompagner et des familles qui ont besoin de nous. »
Après plus de dix ans, Dr Wane n’a pas perdu sa conviction. Aux femmes et aux hommes qui ont choisi, comme lui, de travailler dans l’humanitaire, il adresse un message simple :
« Il ne faut pas lâcher. Même quand c’est difficile, il faut continuer. Derrière chaque cas, il y a une personne, une famille et parfois tout l’avenir d’un enfant. »
À Mbera, son parcours raconte finalement l’essence même de l’action humanitaire : être présent dans l’urgence, prendre soin des personnes et rester à leurs côtés, aussi longtemps que nécessaire.
Source : UNICEF Mauritanie – (Le 19 août 2026)
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