– L’épidémie de la maladie à virus Ebola, qui continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC), a fait 2 011 morts, sur 4 381 cas confirmés, selon un dernier bilan publié par les autorités congolaises mardi 11 août.
Ce bilan rapproche l’épidémie actuelle, qui se propage dans des régions de l’Est et du Nord-Est en proie à des conflits, de celle qui avait sévi entre 2018 et 2020, la plus meurtrière à ce jour en RDC avec près de 2 300 morts. Le virus Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années.
Déclarée officiellement le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard, la flambée actuelle est susceptible de « devenir la plus grande jamais enregistrée dans le monde », selon Sania Nishtar, directrice de l’Alliance du vaccin Gavi.
Partie de la province de l’Ituri (nord-est), elle s’est propagée à plusieurs provinces du nord-est et de l’est, notamment celle du Nord-Kivu, des régions où la présence de l’Etat est fragile et les infrastructures de santé sont largement démunies. Elle est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel il n’existe jusqu’à présent ni vaccin, ni traitement. Le taux de mortalité de la flambée actuelle est estimé à 45,9 % par les autorités sanitaires congolaises.
Des vaccins en cours de production
Les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont recommandé, vendredi, d’évaluer dans un essai clinique le vaccin Ervebo, seul vaccin homologué contre Ebola, faute de vaccin spécifique contre le variant Bundibugyo qui sévit actuellement en RDC. Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué sur X des « bonnes nouvelles ».
La maladie à virus se transmet dans bien des cas lors des rites funéraires organisés par les familles des malades. Les travailleurs humanitaires déployés sur le terrain tentent, malgré une forte défiance populaire, d’organiser dans les zones infectées des enterrements respectant des mesures sanitaires strictes.
Selon les experts de l’OMS, les nombreuses données déjà disponibles, notamment sur la sécurité du vaccin Ervebo, permettent d’envisager une évaluation directement en phase 3, une étape généralement menée à grande échelle auprès de milliers de personnes.
Des doses d’Ervebo provenant du stock mondial de vaccins contre Ebola, créé et financé par l’Alliance du vaccin Gavi, devraient être mises à disposition pour soutenir les essais cliniques, a indiqué l’organisation dans un communiqué publié après celui de l’OMS
Ce stock mondial de l’Ervebo, qui est produit par le laboratoire pharmaceutique américain Merck, compte environ 500 000 doses, dont certaines sont conservées en permanence en RDC en raison de la fréquence des épidémies dans le pays, a détaillé Gavi. Créée en 2000, l’organisation Gavi réunit des donateurs publics et privés afin d’aider les pays en développement à se procurer des vaccins à des prix abordables.
Le Canada a par ailleurs autorisé le géant pharmaceutique américain Moderna à lancer des essais cliniques pour son vaccin contre Bundibugyo. Deux autres candidats sont également en développement : le vaccin « rVSV Bundibugyo », présenté par l’OMS comme « le plus prometteur » et développé par Hilleman Laboratories, et un vaccin de l’université d’Oxford, dont le premier volontaire a reçu une dose fin juillet.
Les Etats-Unis ont annoncé mercredi avoir alloué plus de 242 millions de dollars (soit environ 209 millions d’euros) supplémentaires pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en RDC.




