Courrier international – C’est parti. Le Conseil de sécurité de l’ONU a lancé jeudi 30 juillet le processus de sélection de son futur secrétaire général, en organisant un premier “vote indicatif” à huis clos permettant d’évaluer les chances de chacun des sept candidats pour ce poste sensible. Une série d’autres scrutins suivra pendant plusieurs mois.
“Par son opacité et ses manœuvres diplomatiques, ce processus ferait presque passer le conclave du Vatican pour un modèle de transparence”, ironise The Irish Times.
Lors du premier vote indicatif, “les représentants permanents – ou ambassadeurs – des 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU, réunis à New York,” ont dû recevoir “sept bulletins blancs, chacun portant le nom de l’un des candidats à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général”, raconte le quotidien irlandais. “À l’aide de stylos identiques fournis par la présidence du Conseil, ils ont dû cocher l’une des trois cases sur chaque bulletin : ’Encourage’, ’Décourage’ ou ’sans opinion exprimée’, avant de le plier en trois et de le déposer.”
“Le vote ne dure que dix minutes et le niveau de confiance dans la salle est tel qu’après chaque tour le président du Conseil doit montrer chaque bulletin aux personnes présentes avant d’en annoncer le résultat, précise l’Irish Times. Aucun membre du secrétariat de l’ONU n’est présent, et les bulletins sont détruits à la fin du scrutin. L’Assemblée générale de l’ONU et les médias sont ensuite informés qu’un vote indicatif a eu lieu, sans recevoir davantage de détails.”
Rebeca Grynspan en tête
Selon des sources diplomatiques, c’est Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et patronne de l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (Cnuced), qui aurait reçu le plus de mentions favorables, rapporte The South China Morning Post. Elle aurait obtenu dix voix, devançant l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana Carolyn Rodrigues-Birkett (neuf voix) et Rafael Grossi, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui aurait recueilli sept votes.
Sont également candidats la Chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne Maria Fernanda Espinosa, l’Ougandais Olara Otunnu et le Sénégalais Macky Sall. D’autres pourraient rejoindre la course à l’avenir.
La date du prochain tour sera fixée “dans les prochains jours”, a fait savoir jeudi le président du Conseil, le représentant de la République démocratique du Congo, Zenon Ngay Mukongo.
“Escalade des conflits et pressions populistes”
“Quel que soit le successeur d’António Guterres […], il devra faire face à d’importants défis, dans un contexte marqué par l’escalade des conflits à travers le monde et par les critiques croissantes des mouvements populistes d’extrême droite à l’égard des institutions internationales”, observe Al-Jazeera.
Le prochain secrétaire général de l’ONU aura notamment pour mission de “redonner un nouvel élan à une organisation en crise, dont le statut est en déclin et qui subit une pression grandissante pour se réformer”, souligne la chaîne qatarie.
Le processus pourrait prendre plusieurs mois. “Comme lors des précédentes désignations, plusieurs tours de scrutin pourraient se succéder tout au long de l’été avant de parvenir à une conclusion fin septembre ou début octobre”, explique Al-Jazeera. Mais le processus pourrait aussi “s’éterniser si aucun candidat consensuel ne se dégage”.
Source : Courrier international (France)
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com



