
L’entrée en vigueur de la limitation de vitesse des véhicules assurant le transport interurbain ne fait pas l’unanimité au sein des transporteurs dont la plupart sont inquiets de leur avenir.
Pour les observateurs, c’est un aveu d’échec de l’État à réguler un secteur abandonné aux opérateurs privés, aux véhicules vétustes et à l’absence totale de contrôle public. Une fausse note de la sécurité routière. La limitation de vitesse est présentée par le gouvernement comme une réponse à l’insécurité routière. En réalité, cette mesure masque l’effondrement du transport public, un secteur en pleine évolution dans un environnement défavorable où des routes nationales sont dégradées, parfois impraticables. Cette mesure déplace la responsabilité de l’Etat qui a choisi la solution la plus simple c’est-à-dire punir le conducteur, jamais l’administration défaillante. C’est une logique d’un système étatique qui échoue et réprime. En ne s’appliquant pas à tout le monde de la même manière, les véhicules officiels, les cortèges, les 4×4 des élites circulent librement, sans contrôle, sans sanction. Réduire la vitesse sans moderniser les infrastructures ne diminue pas les accidents. Les autorités de Nouakchott n’ont jamais pensé le transport interurbain comme un service public. Le pays fonctionne sur un modèle improvisé, où le transport est laissé aux acteurs privés, sans accompagnement, sans supervision, sans vision.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com


