Mauritanie : une forteresse qui tient mais qui craque par endroits

En déclarant que la Mauritanie n’est pas un garde-frontière de l’Europe, le chef de la diplomatie défend une coopération migratoire qui fait du pays un acteur ambivalent dans la gestion des frontières de la sous région.

Pour les observateurs, cette position stratégique n’est pas neutre. Elle transforme le pays en rempart sécuritaire, parfois au détriment de ses propres équilibres internes. Presque chaque semaine des centaines migrants clandestins sont sauvés en haute mer ou interceptés à Nouadhibou, point de départ majeur vers les Îles Canaries. Cette posture ambivalente du chef de la diplomatie mauritanienne risque d’être perçue comme un État « barrière ». La Mauritanie ne peut pas nier que l’UE externalise sa politique migratoire vers Nouakchott et qu’elle accepte cette coopération pour obtenir financements, légitimité internationale et soutien sécuritaire. Incontestablement, elle protège ainsi l’Europe contre le flux migratoire et le Sahel contre l’effondrement total moyennant le financement européen à coup de milliards d’euros pour gérer ces migrants illégaux. En réalité, Nouakchott est devenue le vigile docile d’une sous région en feu.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 20 juillet 2026)

 

 

 

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