Courrier international – C’était l’un des matchs les plus attendus de la phase de poules de la Coupe du monde. Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 juin, le Maroc a réussi à poser de sérieux problèmes au Brésil, au point d’obtenir un match nul (1-1). La conférence de presse d’avant-match, organisée le 12 juin, a pourtant presque autant fait parler que la prestation des deux favoris du groupe C dans le New Jersey.
Tout part d’un moment devenu viral sur les réseaux sociaux, souligne le quotidien espagnol El País : le journaliste Rodrigo Ornelas, de la chaîne de télévision mexicaine TV Azteca Deportes, se saisit du micro et commence à s’adresser en espagnol au défenseur marocain Achraf Hakimi. Intervention immédiate d’un modérateur de la Fifa, qui lui fait comprendre que les questions en espagnol ne sont pas autorisées. “En español, no”, insiste El País dans le titre de son article.
Le représentant de l’instance dirigeante du football mondial se justifie en précisant qu’il n’y a pas de traducteur espagnol présent à cette conférence de presse. Hakimi, “né et élevé à Madrid”, mais aussi “polyglotte” et “de bonne volonté”, signale qu’il a bien compris la question et qu’il peut y répondre en anglais.
“Confusion”
Néanmoins, il n’en fallait pas plus pour déclencher en ligne “une vague de confusion et de théories quant à un supposé veto [de l’espagnol]” sur le sol américain lors du Mondial, relève le journal mexicain Excélsior. La Fifa oserait-elle interdire la langue nationale du Mexique, l’un des trois pays organisateurs du Mondial, et la seconde langue la plus parlée des États-Unis ?
Rien de tout cela, balaye Excelsior. L’entité applique simplement un strict règlement “pour garantir la fluidité des conférences de presse et faciliter le travail des traducteurs en temps réel”, détaille le quotidien.
À l’occasion des conférences d’avant et d’après-match, déroule El País, “la Fifa autorise les questions en anglais et dans la langue des deux équipes en lice”. Dans le cas de Brésil-Maroc, étaient donc autorisés l’anglais, le portugais, l’arabe et le français − “largement répandu au Maroc en raison de son passé colonial”, note El País − et même l’italien − exception faite à la demande du Brésil pour son sélectionneur, Carlo Ancelotti, de nationalité transalpine.
Oreillette
Pour les matchs qui se jouent aux États-Unis et au Canada, abreuve le journal de centre gauche, les questions en espagnol ne sont donc permises que “si les sélections du Mexique, d’Espagne, d’Argentine, d’Uruguay, de Colombie, d’Équateur et du Paraguay” sont concernées, “sauf si d’autres fédérations en font la demande expresse”.
Vinicius Júnior ne devait pas être au courant. En amont de ce Brésil-Maroc, l’attaquant de la Seleção a encouragé un journaliste espagnol à lui poser une question dans la langue de Cervantès. Ce dernier s’est finalement conformé “aux exigences de la Fifa” et l’a interrogé en anglais, obligeant le joueur du Real Madrid à se munir d’une oreillette pour entendre la traduction, sourit El País.
Source : Courrier international (France)
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