Crise de l’eau à Nouakchott : le ministère de l’Hydraulique attendu au tournant face au risque de pénuries

Trust Magazine – Après les pénuries de 2025 et les milliards investis dans les infrastructures hydrauliques, une nouvelle crise durant l’été 2026 exposerait un grave échec de gouvernance et de planification.

À l’approche de l’été 2026, les autorités mauritaniennes jouent une véritable partie décisive sur la question de l’approvisionnement en eau potable à Nouakchott. Après les graves perturbations enregistrées l’année dernière, une nouvelle crise de l’eau dans la capitale serait difficilement acceptable pour les populations, mais également lourde de conséquences politiques et institutionnelles pour le ministère de l’Hydraulique dirigé par Mme Amal Mint Maouloud.

L’été 2025 avait mis en lumière les profondes fragilités du système hydraulique alimentant Nouakchott. Pendant plusieurs mois, des milliers de familles avaient subi des coupures répétées, parfois durant plusieurs jours, dans un contexte de fortes chaleurs et de hausse de la consommation. Les scènes de stockage nocturne d’eau, les longues files d’attente autour des citernes et la flambée des prix des bidons avaient profondément marqué les habitants de la capitale.

Face à la colère populaire et aux nombreuses critiques visant la gestion du secteur, les autorités avaient annoncé une série de projets présentés comme des solutions durables. Extension des capacités du système Aftout Essahili, station de désembouage à Béni Naji, nouveaux réseaux de distribution, réservoirs supplémentaires, financements mobilisés auprès du Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES) : plusieurs milliards d’ouguiyas ont été engagés avec la promesse de sécuriser durablement l’alimentation en eau de Nouakchott.

Désormais, les attentes de la population sont immenses.

Car si une nouvelle crise majeure devait se produire durant l’été 2026 malgré ces investissements, les explications techniques risqueraient de ne plus suffire à convaincre l’opinion publique. Pour de nombreux citoyens, le problème ne relèverait alors plus uniquement des contraintes naturelles ou climatiques, mais également d’un déficit d’anticipation, de gestion et d’exécution des projets annoncés.

Le ministère de l’Hydraulique est aujourd’hui attendu sur des résultats concrets. La population veut voir des infrastructures réellement opérationnelles, une amélioration visible de la distribution et surtout une capacité de réaction rapide face aux éventuelles perturbations.

Au-delà de la production d’eau, plusieurs défis structurels demeurent : vétusté de certaines conduites, pertes importantes dans le réseau, urbanisation rapide et souvent désorganisée, branchements anarchiques et insuffisance de maintenance dans plusieurs zones périphériques. Sans réponses efficaces à ces difficultés, les nouveaux investissements risquent de ne pas produire les résultats espérés.

Pour de nombreux observateurs, l’été 2026 représente ainsi un véritable test de crédibilité pour la politique hydraulique menée par les autorités. Une stabilité durable de l’approvisionnement renforcerait la confiance dans les réformes engagées. À l’inverse, une répétition des pénuries de 2025 risquerait d’alimenter un profond mécontentement social et de relancer le débat national sur la gestion des milliards investis dans le secteur de l’eau.

Dans une capitale en pleine croissance démographique, où l’accès à l’eau constitue un besoin vital du quotidien, le ministère de l’Hydraulique n’a désormais plus droit à l’erreur.


Amal Mint Maouloud, ministre mauritanienne de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

 

 

Source : Trust Magazine (Mauritanie) – Le 05 juin 2026

 

 

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