Mauritanie : un pacte qui sert à déresponsabiliser l’État, pas à soutenir les familles

Les observateurs reviennent sur un colloque scientifique qui vient de se tenir à Nouakchott sur le partenariat entre l’école et la famille. Dans un pays où l’Etat soutient rarement les familles, les conclusions de cette rencontre constituent une épée dans l’eau.

Depuis 2019, les discours officiels répètent que les parents doivent s’impliquer à l’école et suivre leurs enfants alors que près de 50 pour cent d’entre eux sont des analphabètes et vivent dans la pauvreté. Et ils n’ont jamais été associés à la politique éducative. Le pacte école-famille devient ainsi qu’un simple slogan qui brise ce lien parce que l’école impose une langue scolaire, la langue arabe qui humilie les familles notamment négro-africaines parlant pulaar, soninké et ouolof. Ce pacte est construit sur une violence symbolique, la domination linguistique. Les associations de parents d’élèves apparaissent ainsi comme un décor, pas un pouvoir. Elles sont un cache-misère institutionnel. Le vrai problème mauritanien réside dans une école qui ne respecte pas les familles. Une école où les enseignants sont mal formés.Les parents ne sont pas considérés comme des partenaires. Le pacte école–famille, tel qu’il est présenté dans ce colloque scientifique, est considéré par les observateurs comme une fiction politique et comme un outil qui sert à masquer l’abandon de l’école publique.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 03 juin 2026)

 

 

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