Incontestablement les réseaux sociaux ont révolutionné le paysage médiatique et politique. C’est à partir de 2023 que l’Etat tente de reprendre le contrôle face à la montée des dénonciations en ligne avec la loi sur la cybercriminalité.
Entre traditions et modernité, la Mauritanie ne fait pas exception dans cette sous-région subsaharienne. En effet, l’arrivée d’Internet a ouvert la brèche à partir de 2005 avec l’apparition des premiers forums et blogs comme Cridem, Mauritanie1, blogs militants anti‑esclavagistes et premiers espaces de débat communautaire. Le tournant historique remonte aux Printemps arabes à partir de 2011, Facebook explose en Mauritanie. Entre 2020 et 2023, la nouvelle génération ne lit plus et ne regarde plus la télévision. Les jeunes s’adonnent plus aux nouvelles plateformes Tik-Tok, WhatsApp, Snapchat, Facebook live et s’exposent au harcèlement, à la manipulation politique, à la désinformation et à la surveillance numérique avec la loi sur la cybercriminalité. Le pouvoir comprend ainsi que la bataille de l’opinion se joue désormais en ligne. Le numérique est devenu un champ politique à part entière. Dans un contexte où les réseaux sociaux sont déjà surveillés, l’IA peut devenir un accélérateur de contrôle politique. Sans politique linguistique forte, l’IA risque de renforcer l’hégémonie de l’arabe sur les langues nationales (pulaar, soninké et ouolof).
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 03 juin 2026)
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