Courrier international – “L’incertitude, les démentis et – du côté de Washington – le désir impérieux d’annoncer au plus vite un quelconque accord se sont définitivement imposés dans les négociations” visant à mettre fin à la guerre engagée il y a trois mois contre l’Iran par les États-Unis et Israël, constate El País.
Jeudi, des responsables américains ont assuré à tous les grands médias américains et internationaux – sous le couvert de l’anonymat – que les États-Unis et l’Iran s’étaient entendus sur un accord-cadre, qui n’attendait plus que la signature de Donald Trump.
Mais “depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu initial entre les États-Unis et l’Iran, le 8 avril, Trump a suggéré – à maintes reprises – que les deux parties étaient proches d’un accord et que les négociations progressaient”, rappelle la BBC. “Toutefois, aucun résultat substantiel n’a été obtenu jusqu’à présent.”
Axios a été le premier à rapporter la finalisation de cet accord supposé, qui prévoirait notamment une extension de soixante jours du cessez-le-feu en cours depuis le 8 avril, la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée du blocus américain des ports iraniens, et la levée par les États-Unis de certaines sanctions financières.
L’Iran “prêt à signer” ?
Selon les responsables américains, “leurs homologues iraniens leur ont fait savoir, par l’intermédiaire de médiateurs, qu’ils disposaient des autorisations nécessaires et qu’ils étaient prêts à signer”, une information “confirmée” par “l’un des pays médiateurs”, assure le site.
“Les négociateurs américains ont exposé à M. Trump les détails de l’accord final, mais ce dernier n’a pas donné son feu vert immédiatement”, ajoute le média en ligne. “Le président a fait savoir aux médiateurs qu’il souhaitait prendre quelques jours pour y réfléchir”, selon les sources anonymes.
De fait, “l’opinion du président est déterminante”, écrit El País. “Trump a déjà balayé des avancées approuvées par son équipe à plusieurs reprises. Ces derniers jours, le président s’est vanté de ne pas être intéressé par un accord ne répondant qu’à certaines de ses exigences et de ne pas être pressé de conclure” s’il n’était pas pleinement satisfait.
“Trump lui-même avait même laissé entendre le week-end dernier qu’un accord entre les deux adversaires était pratiquement finalisé, avant de se rétracter le lendemain”, ajoute le quotidien madrilène.
“Quelques points de friction”
Seule différence dans les annonces de ce jeudi : le locataire de la Maison-Blanche s’est abstenu de tout message triomphaliste – ou d’embarrassant rétropédalage – sur ses réseaux sociaux, préférant laisser parler son ministre des Finances, Scott Bessent, et son vice-président, J. D. Vance.
Ce dernier a confirmé à la presse qu’il y avait encore “quelques points de friction concernant le volet nucléaire : le stock d’uranium hautement enrichi, ainsi que la question de l’enrichissement”, rapporte The Hill.
“Nous estimons que [les Iraniens] négocient – du moins jusqu’à présent – de bonne foi, et nous réalisons des progrès”, a ajouté le vice-président. “Espérons que nous continuerons à progresser et que le président sera en mesure d’avaliser l’accord.”
L’Iran a lui aussi suivi son modus operandi habituel, en douchant immédiatement l’enthousiasme américain, assurant que “le texte du protocole d’accord n’avait pas encore été finalisé ni confirmé, et que le public serait informé quand ce serait le cas”, note Al-Jazeera.
The New York Times déplore pour sa part que “les responsables de la Maison-Blanche” n’aient fourni qu’un “aperçu vague de ce sur quoi les équipes de négociation s’étaient entendues – ne serait-ce qu’à titre préliminaire”.
Mais quel qu’en soit le contenu exact, “si l’accord en discussion venait à se concrétiser, il pourrait apporter à l’Iran un bol d’air économique et offrir à M. Trump une porte de sortie d’une guerre qui s’est révélée profondément impopulaire aux États-Unis”, observe le quotidien américain.
Source : Courrier international (France)
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