Les observateurs reviennent sur la première édition du Hackathon « Nouakchott AI Build 2026» qui vient de se dérouler à Nouakchott. Un événement vitrine qui sert d’abord le pouvoir, pas la jeunesse.
Ce rideau numérique tiré devant un pays où l’école s’effondre, est considéré par les observateurs comme un simple décor même si c’est l’innovation, l’Intelligence artificielle qui est à l’honneur. La rencontre exhibe quelques ordinateurs flambant neufs sur fond d’officiels qui ne savent pas coder une ligne mais savent très bien monter devant les tribunes pour vanter l’IA. Cette diversion politique cache bien une crise éducative historique, une fracture numérique, une absence totale de politique scientifique, des discriminations structurelles. Les jeunes participants sont issus de milieux favorisés. Le hackathon représente une petite élite urbaine, déjà connectée, déjà formée, déjà francophone ou anglophone. Les grands oubliés ce sont les jeunes du Gorgol, du Guidimakka, du Brakna et du Trarza, des jeunes qui parlent pulaar, soninké et ouolof et hassanya et surtout de jeunes filles. Le hackathon « Nouakchott Build AI 2026 » n’est pas un pas vers l’avenir. C’est un miroir aux alouettes.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 21 mai 2026)
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