Le lancement de la formation de 100 jeunes volontaires de Nouakchott, Nouadhibou, Rosso et Kaédi sur la drogue, s’inscrit dans la continuité de la campagne de mobilisation anti-drogue considérée par les observateurs comme un rideau de fumée.
Ce dispositif de contrôle social maquillé en action citoyenne est révélateur d’un État qui utilise la jeunesse comme bouclier moral pour blanchir l’inaction de l’Etat. Le gouvernement de Ould Diay instrumentalise ainsi la vulnérabilité des jeunes pour se fabriquer une image de mobilisation nationale . Les complicités politiques dans les trafics rendent inaudible cette campagne nationale anti-drogue pour cacher les vrais responsables. Ce gouvernement de technocrates profite de financements extérieurs pour se lancer dans une campagne qui criminalise les pauvres et sanctuarise les élites. La lutte contre la drogue devient une lutte contre la jeunesse marginalisée. Cette mobilisation cache l’effondrement de l’Etat et l’échec d’une politique de la jeunesse depuis des décennies. Pour les observateurs, toutes ces opérations dans le cadre de l’autonomisation des jeunes, constituent une manière de discipliner les jeunes, de détourner leur colère. La jeunesse mauritanienne mérite mieux que d’être instrumentalisée.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 19 mai 2026)
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