La ville de Nouakchott semble aujourd’hui prise dans un étau où se rejoignent l’austérité sécuritaire, l’inflation galopante et la défaillance des services de base. Le quotidien des Nouakchottois ne se résume plus qu’à une équation impossible : comment survivre entre le silence imposé du couvre-feu, le coût inabordable de la mobilité et le retour forcé à l’obscurité.
Un couvre-feu qui étouffe l’économie informelle
Bien que justifié par des impératifs de sécurité ou de gestion de crise, le maintien de restrictions de circulation nocturnes agit comme un garrot sur une ville qui vit largement de l’informel. Les petits commerçants, les restaurateurs de rue et les transporteurs voient leurs revenus s’évaporer dès la tombée de la nuit. Ce « sommeil forcé » ne protège plus, il appauvrit, transformant les rues en zones désertes où seul le sentiment d’insécurité progresse.
Le carburant : l’étincelle de l’inflation
La hausse brutale du prix de l’essence avec des augmentations récentes dépassant parfois les 10 % à 15 % , n’est pas qu’une statistique économique ; c’est un séisme social.
Dans une ville où les transports publics sont limités, chaque ouguiya supplémentaire à la pompe se répercute instantanément sur le prix du panier de la ménagère particulièrement les ménages à faibles revenues. Ces derniers se retrouvent « étranglé », incapable de financer ses déplacements essentiels sans sacrifier leurs nourritures.
L’obscurité totale comme symbole de défaillance
Enfin, les coupures chroniques d’électricité et de l’éclairage public, plongent Nouakchott dans une « obscurité totale » qui dépasse le simple inconfort technique. C’est un retour en arrière humiliant pour une capitale du XXIe siècle. Sans lumière, les foyers s’arrêtent, les élèves ne peuvent plus étudier et les quartiers deviennent des proies faciles pour la petite criminalité. Cette panne généralisée de la SOMELEC est perçue par la population comme l’aveu d’impuissance d’un système incapable de garantir le minimum vital.
Nouakchott ne demande pas l’impossible, elle réclame de l’air. Entre le couvre-feu qui paralyse, l’essence qui brûle les budgets et l’obscurité qui isole, la population est à bout de souffle. Ignorer ce cri du cœur, c’est prendre le risque de transformer cette amertume en une colère que plus aucune patrouille nocturne ne pourra contenir.
Détacher Nouakchott de ses goulots, c’est choisir l’humain avant le profit. C’est transformer une agglomération de survie en une cité de droits. Nous appelons les autorités à une action radicale : pas de simples rustines sur le bitume, mais une vision globale qui redonne de l’air, de la dignité et de l’espoir à chaque habitant de cette capitale.
Libérez les voies, libérez les vies, libérez Nouakchott.
Issa DJIMERA
(Reçu à Kassataya.com le 07 mai 2026)
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