Depuis 2019, la Mauritanie est un pays qui laisse apparaître une santé à deux vitesses. Une capitale qui concentre tous les médecins et infirmiers et les meilleures infrastructures hospitalières et des déserts médicaux visibles dans la quasi totalité des régions.
Depuis 2022, Ould Ghazouani a engagé une modernisation de la santé. Après quatre ans, les réformes avancent plus vite sur le papier que dans les structures de soins. Cette lenteur est lisible par exemple dans le Guidimakha au Sud du pays, une région abandonnée et Dakhlet-Nouadhibou au Nord, région plus développée mais profondément inégalitaire. Le premier dispose d’un seul hôpital sous -équipé et des centres de santé sous-équipés c’est-à-dire souvent sans électricité et chaîne de froid. Les évacuations sont fréquentes vers Kiffa ou Nouakchott faute de spécialistes. Le deuxième est classé comme deuxième pôle sanitaire du pays derrière Nouakchott. C’est l’hôpital régional le mieux équipé qui cache des quartiers périphériques par exemple les zones de pêcheurs, sont très vulnérables et accèdent difficilement aux soins de santé. Guidimakha demeure ainsi une région oubliée avec des risques épidémiques élevés et Nouadhibou, des risques urbains et industriels. Ces deux exemples montrent une politique sanitaire territorialisée, différenciée selon les réalités locales, la vallée abandonnée à son propre sort et le Nord où les investissements pleuvent à milliards d’ouguiyas. Une santé à deux vitesses comme tous les autres domaines.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 28 avril 2026)
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