Le Pentagone dissimule le vrai nombre de soldats américains tués dans sa guerre contre l’Iran

Face aux briefs obsolètes et imprécis du secrétariat à la Défense, le média américain The Intercept a fait son propre décompte. Au moins deux soldats morts et 200 blessés auraient été passés sous silence.

Slate – Donald Trump a bien rendu hommage aux «treize guerriers américains qui ont sacrifié leur vie» pour combattre l’Iran. Dans son discours à la nation, ce mercredi 1ᵉʳ avril, le président américain a même prétendu que leurs proches lui demandaient d’aller au bout de la guerre pour honorer leurs mémoires. Mais d’après un décompte du média américain The Intercept, ce ne sont pas moins de quinze soldats américains qui auraient été tués au Moyen-Orient depuis le début de cette guerre contre l’Iran. Au moins deux victimes seraient donc absentes des données officielles.

Ce manque de transparence se traduit aussi dans le recensement des blessés. Toujours selon ce média d’investigation, plus de 520 militaires ont été touchés. Le United States Central Command, ou Centcom –c’est-à-dire le commandement interarmées en charge du Moyen-Orient– n’en reconnaît que «303 environ». Il ne fournit aux journalistes que des mises à jour obsolètes, incomplètes et imprécises. Pour The Intercept, il y a dissimulation.

Par exemple, une frappe iranienne sur une base aérienne saoudienne vendredi 27 mars a blessé au moins quinze soldats, selon deux responsables militaires joints par le média américain. Ils ne sont pas pris en compte dans les 303 blessés mentionnés par le Centcom. Ce dernier ne fournit par ailleurs aucun décompte officiel des soldats morts au combat depuis le début de l’opération «Epic Fury». «C’est assez clair que [le secrétaire à la Défense Pete] Hegseth et la Maison-Blanche souhaitent passer ce sujet sous silence», déclare un officiel du Pentagone qui a souhaité garder l’anonymat.

Depuis le début de l’offensive israélo-américaine le 28 février, l’Iran riposte avec des frappes visant Israël et les bases militaires américaines de la région. Le Centcom ne souhaite même pas lister les sites qui ont subi des dégâts. «On n’a rien pour vous», a fraîchement répondu un porte-parole au site d’investigation. Les analyses de plusieurs médias permettent néanmoins d’affirmer que les bases touchées se situent au Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Koweït, en Jordanie, en Syrie, et en Irak.

Plus de 13.000 victimes?

La vulnérabilité des bases américaines aux missiles et drones iraniens a forcé les troupes à se loger dans des hôtels et autres immeubles civils, ce qui a été confirmé par deux sources gouvernementales. Le ministre iranien des Affaires étrangères Seyed Abbas Araghchi a d’ailleurs accusé les États-Unis de prendre des civils comme boucliers humains. L’une de ces sources fait part de sa rancœur à l’encontre de l’incapacité du Pentagone à sécuriser ses bases, et se moque ouvertement du lexique religieux utilisé par son chef Pete Hegseth.

Si l’armée est rarement l’institution la plus transparente, l’administration Biden ne pratiquait pas ce genre de dissimulation. En 2024, le Pentagone fournissait une chronologie détaillée des bases américaines attaquées au Moyen-Orient. Ces briefs indiquaient la localisation, la nature de la frappe et le nombre de victimes, en plus d’une mise à jour du total des attaques classées par pays.

Les chiffres de l’administration Trump souffrent de la comparaison. Par exemple, le seul décompte que tient publiquement le Centcom –celui des blessés– ne semble pas inclure les plus de 200 marins soignés pour inhalation de fumée après l’incendie du 2 mars à bord du porte-avions Gerald R. Ford au large de la Grèce.

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Matthias Troude

 

 

Repéré sur The Intercept

 

 

Source : Slate (France)

 

 

 

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