Deutsche Welle – Des témoignages se multiplient après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit un médecin administrer des coups à une femme après son accouchement dans la salle de l’hôpital général de Kinkole, dans l’Est de Kinshasa.
Certains professionnels de santé affirment qu’il s’agit d’un incident isolé, mais la réaction violente du praticien soulève de nombreuses questions sur le fonctionnement des hôpitaux publics congolais.
Des violences sous-documentées
Pour USAWA Initiative, organisation de défense des droits des femmes, ces images révèlent une réalité souvent passée sous silence. Dorcas Bwalelo, directrice exécutive de l’organisation, alerte sur l’existence de violences obstétricales encore peu documentées.
« Ces violences se manifestent notamment par des actes médicaux réalisés sans consentement, des propos humiliants et dégradants, des gestes brutaux non justifiés, des situations de négligence ou d’abandon, et j’en passe », explique-t-elle. « Garantir un accouchement digne, respectueux et sécurisé n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental. »

La victime filmée à Kinkole a été giflée et humiliée alors qu’elle saignait, nue dans la salle d’accouchement. D’autres femmes racontent également avoir subi des maltraitances dans les maternités.
« On m’a fait une césarienne sans anesthésie et contre ma volonté. Trois jeunes filles m’ont brutalisée à l’hôpital de Delvaux. Lors de l’accouchement, on nous tape très fort. Ce n’est pas facile », témoigne l’une d’elles.
Réactions de la profession
Face à l’émoi suscité, le médecin Bernard Nsogololo, gynécologue-obstétricien à l’hôpital Bondeko, dément que de tels comportements soient fréquents.
« Je suis en train de démentir haut et fort : ce n’est pas ce qui se fait à Kinshasa. Nous soignons les malades avec soin et respect. Ce qui est arrivé reste exceptionnel », affirme-t-il.
Le médecin incriminé dans la vidéo est actuellement aux arrêts. Selon des sources de la corporation médicale, il pourrait être radié de l’ordre national des médecins, alors que la polémique continue de faire réagir la société civile et les associations de défense des droits des femmes à travers le pays.
Source : Deutsche Welle (Allemagne) – Le 27 mars 2026
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