L’Espagne pourrait régulariser près d’un million de sans-papiers, le double de ce qui était prévu

Près de 840.000 personnes pourraient demander la régularisation, contre 500.000 annoncés par le gouvernement. La police nationale y voit un « appel d’air » et dénonce des critères de légalisation « trop souples ».

Le Figaro – Ils ne seront pas 500.000 migrants légalisés en Espagne, mais presque le double. Il y a quelques semaines, le premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, annonçait la régularisation des immigrés en situation irrégulière qui étaient présents en Espagne avant le 31 décembre 2025. À partir d’avril, ils pourront déposer une demande. Mais selon un rapport de la Fondation des caisses d’épargne (FUNCAS) publié en janvier, les chiffres avancés par l’exécutif seraient sous-estimés : près de 840.000 personnes pourraient être concernées. Ce même rapport indique que le nombre d’immigrés sans papiers, majoritairement originaires d’Amérique latine, a été multiplié par huit au cours des neuf dernières années dans le pays.

Cette mesure, portée par gouvernement de Pedro Sanchez (gauche) et notamment par le parti espagnol d’extrême gauche, Podemos, repose sur deux conditions principales : disposer d’un casier judiciaire vierge, et justifier d’au moins cinq mois de résidence dans le pays avant le 31 décembre 2025. En l’absence de preuves, une déclaration sur l’honneur peut suffire. Selon des sources policières espagnoles citées par le quotidien national El Mundo, les critères seraient «très souples et faciles à démontrer». Selon El Mundo quatre Algériens ont déjà été arrêtés pour avoir tenté de tromper la police avec de faux documents, alors qu’ils avaient des antécédents judiciaires dans leur pays d’origine.

La police espagnole, citée par le média, évoque un véritable «appel d’air». Selon les mêmes sources, trois routes migratoires se seraient activées depuis l’annonce de cette légalisation massive. La première route viendrait du Royaume-Uni, affirment des agents spécialisés dans les questions d’immigration. Elle concernerait des ressortissants pakistanais, afghans et indiens cherchant à légaliser leur présence en Europe. Ils partiraient d’Angleterre, traverseraient la Manche vers la France, avant de rejoindre l’Espagne en franchissant les Pyrénées. La deuxième partirait de France et la troisième d’Italie. Ces deux dernières concernent une «quantité considérable» de migrants de nationalité algérienne et marocaine, déjà installés dans ces pays, qui chercheraient à se rendre en Espagne dans l’espoir d’une régularisation plus rapide et plus simple.

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Source : Le Figaro (France)

 

 

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