Slate – Pour celles et ceux qui partent en vacances à l’étranger cet été, la destination de rêve, entre plages, mer paradisiaque et détente totale, passe souvent par une étape bien moins agréable : le voyage en avion.
Simple formalité pour certains, cette étape peut devenir un véritable cauchemar pour d’autres. Les «aviophobes» notamment, mais aussi toute personne sensée qui ne trouve pas très naturel de voler dans une boîte avec des ailes à plus de 9.000 mètres d’altitude. Entre les mains moites au décollage et les coups de stress à chaque turbulence, la peur du crash peut vite devenir envahissante. Mais quelles sont, mathématiquement, les risques que cela vous arrive cet été ?
Une probabilité sur… des millions
Vous le savez sûrement déjà, l’avion est loin d’être un moyen de transport dangereux. Mathématiquement du moins, parce que quand vous regardez par le hublot et que vous peinez à voir la terre ferme, c’est parfois difficile de se le rappeler. On peut facilement avoir le vertige en pensant à un problème technique sur l’avion, ou se sentir oppressé par un siège trop petit, à manger avec des bras de T-Rex et une vague odeur de pieds ambiante.
Que disent les statistiques ? Une étude de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), publiée en août 2024 dans la revue Journal of Air Transport Management, a conclu à un risque d’environ un décès pour 13,7 millions de passagers sur la période 2018-2022. Concrètement, cet été, vous avez donc environ 0,000007 % de risque de mourir dans un accident d’avion. Une cacahuète.
Arnold Barnett’s latest research shows the safety of commercial air travel has doubled in each of the last five decades. From 2018 to 2022, the risk of a fatality was just 1 per 13.7 million passenger boardings. https://t.co/X6CogloT6c pic.twitter.com/MNDDjOdocW
— Massachusetts Institute of Technology (MIT) (@MIT) August 8, 2024
Mieux, ce risque est divisé par deux environ… chaque décennie! Entre 2007 et 2017, il était encore d’environ 1 sur 7,9 millions, par exemple. La sécurité aérienne ne cesse donc de progresser grâce aux avancées technologiques et à la formation des équipages.
Dans une majorité des cas, les accidents sont au moins partiellement maîtrisés, permettant une évacuation rapide ou la survie d’une majorité des occupants. On finit le vol avec une grosse frayeur, mais on le finit en vie. Pas de panique à bord, le fun et la vitesse à bord.
A-t-on plus de chances de gagner au loto?
La comparaison revient souvent quand on parle à des proches de notre angoisse de prendre l’avion: «Tu as plus de chances de gagner au loto que de mourir dans un crash aérien!» Vraiment?
En réalité, les probabilités sont assez… proches. Enfin, tout est relatif. Si le risque de périr dans un crash d’avion est d’environ 1 sur 13,7 millions, les chances de décrocher le jackpot du Loto sont, elles, d’environ une chance sur 19 millions. Loin devant, on retrouve le jackpot de l’EuroMillions, avec une chance sur 139 millions.
Ces rumeurs qui ont la vie dure : « On a plus de chances de gagner au Loto que de mourir en avion »
Dans tous les cas, les deux événements appartiennent à la catégorie des phénomènes extrêmement improbables. Pourtant, on peut avoir l’impression que les accidents d’avion sont courants. La faute à leur médiatisation et à l’impact émotionnel de ces catastrophes.
Notre perception du risque est en fait largement influencée par les émotions. Les accidents aériens sont rares, mais lorsqu’ils surviennent, ils font souvent de nombreuses victimes simultanément et on en entend parler pendant plusieurs jours dans les médias. Pourtant, si l’on regarde de plus près, il y a un autre risque bien plus important qui nous menace, juste avant d’arriver à l’aéroport: la voiture.
La partie la plus risquée de votre voyage est en effet souvent le trajet en voiture jusqu’à l’aéroport. Les accidents automobiles sont infiniment plus fréquents que les accidents d’avion, ce qui en fait statistiquement un moyen de transport plus dangereux. Et le trajet au volant à 4h du matin pour attraper votre vol, choisi très tôt afin d’économiser quelques euros, n’y échappe pas.
Quelle est la meilleure place dans l’avion?
Parmi les derniers crashs dramatiques, il y a celui du vol Air India devant relier Ahmedabad, en Inde, à Londres et qui s’est écrasé peu après son décollage, le 12 juin 2025. Un unique passager, Vishwash Kumar Ramesh, en est miraculeusement sorti vivant. Son siège? Le 11A.
Même s’il n’existe pas de «siège miracle» qui augmente les chances de survivre à un crash, on peut dégager quelques tendances. Des études menées dans les années 2000 estimaient que les sièges situés dans le tiers arrière de l’appareil présentaient un taux de mortalité d’environ 32%, contre 39% et 38% pour les tiers central et avant. Les sièges centraux de la partie arrière obtenaient même le taux le plus faible, autour de 28%.
Source : Slate (France)
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