
Le coup d’envoi à Nouakchott de la concertation nationale sur la réforme du système éducatif par le président Ould Ghazouani, est considéré par les observateurs comme une volonté politique de faire passer rapidement les réformes pour accélérer le programme quinquennal.
L’art de l’exécution du chef de l’Etat mauritanien est dans le collimateur des observateurs depuis son accession au pouvoir en 2019. Ould Ghazouani incite constamment son gouvernement à produire sans traîner des résultats dans le cadre des réformes des secteurs prioritaires de son programme quinquennal. C’est le sens du coup d’envoi à Nouakchott de la concertation nationale sur la réforme de l’enseignement après la concertation régionale.
Les observateurs s’interrogent sur l’accélération de la réforme d’un secteur en déliquescence depuis des années. Les résultats catastrophiques de cette année avec 8 pour cent de bacheliers toutes séries confondues, sont significatifs à cet égard.C’est le pire résultat depuis 1960 après 5 réformes de l’éducation nationale.
A voir l’aréopage de personnalités politiques présentes même les diplomates étrangers à cette cérémonie, ce sont des signes qui ne trompent pas les observateurs qui pointent une politique d’autruche d’une réforme déjà tracée par le président de la République, et qui risque de tourner le dos à la réintégration des langues nationales ( pulaar, sooninke et wolof) dans le système éducatif. Le dialogue national en perspective apparaît in fine comme une carte politique de Ould Ghazouani à déjouer l’opposition appelée à prouver le contraire. L’adoption au forceps de la loi sur les symboles nationaux par le parlement suffit pour garantir le succès du pouvoir dans toutes les concertations.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 17 novembre 2021)
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