Mauritanie : Samba Thiam met en garde contre le conservatisme religieux un danger pour la démocratie

C’est la sortie médiatique du président des FPC qui focalise l’attention des observateurs cette semaine à Nouakchott. Samba Thiam s’est livré à une véritable radioscopie de la première année du quinquennat de Ould Ghazouani marquée par des intentions fortes mais lénifiantes et une ouverture partielle et partiale à l’opposition mais surtout par la continuité du régime de Ould Aziz malgré des différences de style lié au soufisme du président.

Samba Thiam tacle ainsi le régime de Ould Ghazouani. C’est une première année hésitante qui manque de souffle et d’ambitions nationales dont le dernier semestre est frappé de plein fouet par la crise sanitaire provoquée par la pandémie de covid-19 dont la gestion n’est pas à la hauteur des implications sanitaires économiques et sociales. Les douze premiers mois qui auraient servi au successeur de Ould Aziz plutôt à se limiter à des déclarations d’intention et une fuite en avant de la question nationale ou la cohabitation et à perpétuer une discrimination à caractère ethnique et raciste.

Une première année test qui s’est révélée finalement une continuité de l’ancien régime de Ould Aziz. C’est le sentiment des observateurs à l’issue de la conférence de presse du président des FPC cette semaine à Nouakchott. Samba Thiam qui n’a pas manqué de jeter une pierre dans le jardin de la Maison brune en pointant les hésitations et tergiversations de son locataire vis-à-vis de l’ancien président Ould Aziz accusé gravement par le rapport de la commission d’enquête parlementaire entre les mains actuellement du parquet général. Ce qui lui fait dire que la flopée de recommandations formulées risque de finir dans les tiroirs. Comme l’est sa demande de reconnaissance de son parti depuis 2014 alors qu’il a rempli toutes les conditions prescrites par la loi.

Un ostracisme auquel il est victime depuis des décennies et qui contraste avec les intentions d’ouverture clamées lors de son discours d’investiture le 1er août 2019. Même si le chef historique des FPC donne un carton jaune au président mauritanien pour la main tendue à l’élite haratine il est loin d’être dupe que ce calcul politique cache bien une continuité dans la violation des droits de l’homme et l’impunité comme c’est le cas du citoyen Abass Diallo tombé sous les belles de la soldatesque du régime. Six mois après l’auteur ou les auteurs ne sont pas inquiétés par la justice.

Une sortie médiatique qui se veut également une mise en garde à l’opposition contre le conservatisme religieux affiché par un président soufi et qui constitue un danger également pour la démocratie assez fragile pour ne pas être secouée par cette vague.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 07 août 2020

 

 

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