Éducation – L’Allemagne attire des étudiants internationaux, mais les intègre mal

L’Allemagne est actuellement la quatrième destination préférée des étudiants internationaux, après les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Mais derrière les chiffres se cache une difficulté d’intégration dans la société allemande.

En 2019, on dénombre 280 000 inscriptions d’étudiants étrangers dans les universités allemandes, soit 10 % du total des étudiants inscrits. Un chiffre rond qui a de quoi ravir Margret Wintermantel, chef du service des échanges universitaires allemands (DAAD) : “La mobilité des étudiants et des scientifiques, les projets de coopération que développe la DAAD sont un grand succès”, se félicite-t-elle. Un autre chiffre vient cependant noircir le tableau : 41 % des étudiants étrangers finissent par abandonner leurs études. Deutsche Welle pointe le manque de soutien, de conseils et de moyens financiers des étudiants sur place.

 

“Nous ne pouvons pas durablement accepter que des jeunes gens viennent ici pour arrêter leurs études et repartir frustrés”, reconnaît Margret Wintermantel. Tout se joue dans les premiers mois de l’expérience d’après Maimouna Ouattara, qui se souvient de ses débuts difficiles : “J’ai certes pris des cours de langue, mais j’étais larguée dès le premier cours magistral. Je ne savais pas comment faire une bonne prise de notes.” Désormais en thèse à l’université de Potsdam, elle siège à la Fédération des étudiants étrangers en Allemagne pour conseiller les étudiants sur des questions juridiques. La paperasse, la barrière de la langue et les différences culturelles sont les principaux motifs de découragement des étudiants.

Faire sentir aux étudiants qu’ils sont les bienvenus

 

Un étudiant qui repart chez lui, c’est un potentiel travailleur qualifié qui s’envole. Or l’Allemagne a “besoin de gens bien éduqués, d’immigrants qualifiés dans de nombreux domaines comme les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle, plus généralement dans les disciplines d’ingénieurs”, explique Margret Wintermantel. Pour retenir les étudiants en Allemagne, la maîtrise de la langue est stratégique, estime Jens Strackeljan, recteur de l’université Otto von Guericke de Magdebourg, car cela leur permet de se débrouiller dans la vie courante et dans la vie sociale. Mais il regrette que l’offre gratuite de cours d’allemand ne soit pas assez abondante : ils sont généralement pleins, avec de longues files d’attente.

Les cours de langues ne suffisent pas à l’intégration des étudiants. C’est pourquoi Jens Strackeljan expérimente des projets de coopération avec la ville de Magdebourg pour accueillir au mieux les étrangers : prochainement, un “Welcome Center” devrait ouvrir en centre-ville pour répondre à toutes les questions que se posent les nouveaux venus.

Sa politique d’ouverture lui a valu des menaces physiques de la part de militants de l’AfD, parti de droite nationaliste allemand dont les scores élevés inquiètent les étudiants étrangers. Mais le recteur ne se laisse pas intimider, convaincu que “rendre Magdebourg plus coloré” est une responsabilité non seulement pour son université, mais aussi pour l’ensemble de la société.

Deutsche Welle – Bonn

Source : Courrier international

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