Diversion ?/ Par Tijane BAL

Le soufflé est retombé. Jusqu’à la prochaine fois. Car il y aura une prochaine fois. En attendant, concédons que les provocateurs ont, une fois de plus, gagné. Avec leur volonté affichée d’arabisation tous azimuts, ils nous ont imposé leur débat et leur agenda pas si caché que cela. Passé l’ouragan, place aux naufragés à présent.

Le discernement en est un. On aurait voulu semer la confusion qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Lancer simultanément le débat sur des recrutements unijambistes à l’armée et une polémique autour de la disparition que certains auraient souhaité imminente du français des documents administratifs et donc de la vie publique mauritanienne, voilà un piège bien pensé. Nous sommes quelques-uns à y avoir sauté pieds joints.


Ce faisant, nous avons associé 2 choses fondamentalement différentes. Une décision tangible dans ses effets, tout ce qu’il y a d’officiel, expression d’une politique publique et une provocation. Provocation qu’il ne fallait pas pour autant sous-estimer. Ne serait-ce que parce qu’elle a une préhistoire. En 1966, une orchestration similaire s’était invitée dans le « débat public » et était venue exacerber un conflit racial inaugural sur fond d’arabisation.En quoi l’histoire hoquette.


Revenons à aujourd’hui. A toute chose malheur est bon toutefois. L’épisode » qu’on vient de vivre a livré un fait réjouissant et qui devrait servir pour l’avenir. Les adeptes du manichéisme, du front contre front, du race contre race ont échoué dans une certaine mesure.

Les réactions salutaires de concitoyens arabes ont chamboulé leur chorégraphie. Je pense (entre autres) à Nana Mint Mohamed Laghdaf, Ahmed Ould Weddiaa, Moulaye El Hassene… Il est de fait que la réaction des seuls Négro-africains aurait signifié une auto-défense certes légitime mais normale. La riposte des non victimes a priori a une autre signification. Un supplément de sens. Moralité. Nous tenons peut-être le bon bout. Nous savons désormais qu’un appel des FLAM au dialogue inter-racial, qu’une dénonciation du racisme et des discriminations par des concitoyens arabes désarçonne les tenants du « Grand schisme » et trouble leur vision en noir et blanc.


Si seulement au surplus la loi censée sanctionner les discriminations s’appliquait réellement. Il n’est pas interdit d’espérer.

Tijane BAL

Facebook – Le 17 septembre 2019

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