Mauritanie : l’arabisation à outrance responsable de la déconfiture du système éducatif pointe Samba Thiam

Les observateurs reviennent cette semaine sur l’importante contribution du président des FPC sur la problématique du système éducatif mauritanien. Samba Thiam remet ainsi à l’ordre du jour l’hécatombe des résultats 2019 du Baccalauréat.

 

L’école mauritanienne souffre d’une maladie congénitale. Les réformes de 1960 à nos jours sur fond d’indépendance culturelle ont donné naissance finalement à une éducation à deux vitesses. Un enseignement à forte dominante arabe à l’origine des crises du système pointe d’emblée le président des FPC dans une contribution diffusée cette semaine par la presse nationale et les réseaux sociaux. Une relance sur la problématique du système éducatif en déliquescence depuis plus de trois décennies. Cette arabisation à outrance a abouti à un enseignement au rabais et à la ruée d’enseignants-boutiquiers renchérit l’inspecteur de l’enseignement fondamental qui ne mâche pas ses mots en qualifiant cette mentalité nuisible à toute réforme de l’éducation nationale.

Au final ce système a produit des élèves, étudiants, enseignants sans niveau pour grossir les rangs des élites arabisants et francisants plus ou moins tournées vers l’administration au lieu d’une orientation vers des métiers professionnels plus utiles à un pays qui en manque beaucoup. Une crise d’orientation qui n’échappe pas à Samba Thiam qui remet sur le tapis cette politique depuis 1960 qui cache une ambition nationaliste des dirigeants qui se sont succédés au palais de Nouakchott et qui vise à faire de l’arabe un instrument de domination des arabo-berbères sur les autres composantes nationales. C’est clair il faut attaquer le mal à sa racine. Le changement est d’ordre structurel. L’arabisation oui mais en corrigeant le système avec la langue française et l’enseignement des langues nationales que Samba Thiam considère comme gage de l’équité et des chances pour tous les mauritaniens.

Ce système inégalitaire qui fonctionne depuis 1960 s’est creusé depuis 2009 avec le bradage de l’école publique au plus haut sommet de l’Etat au profit du privé avec comme conséquences des résultats de plus en plus décevants dans tous les cycles en particulier le secondaire qui enregistre cette année moins de 7 pour cent de réussite au premier tour au Bac.

Ce sont surtout les lycéens afro-mauritaniens qui sont les plus touchés. Des résultats qui creusent ainsi l’écart entre ceux qui ont les moyens et ceux qui n’en ont pas. Des raisons objectives pour des états généraux de l’éducation nationale. La balle est dans le camp du nouveau président Ould Ghazouani.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya le 20 juillet 2019)

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