La frontière renvoie-t-elle au même contenu selon que nous nous situons en Afrique (avec des Etats jeunes) ou en Europe ? Longtemps perçue comme une limite, la frontière a servi à « séparer » ou à « contenir » les populations sur un territoire sous contrôle.
Mais si aujourd’hui il est devenu possible de « s’évader » de presque tous les Etats du monde –à l’exception notoire de certains pays principalement arabes où le visa de sortie reste de mise dans la plus part des cas- il n’en demeure pas moins que la liberté de circuler reste entravée par l’érection de véritables barrières extérieures en Europe et en Amérique en même que s’estompent les frontières intérieures au profit de grands ensembles géopolitiques. Le dossier « Frontières » du numéro 1304 de la revue Hommes et Migrations qui vient de paraitre promène le regard sur les frontières les plus emblématiques (Méditerranée, Etats-Unis-Mexique, Afrique de l’Ouest) pour en analyser le fonctionnement et les implications aussi bien pour les territoires que pour les populations concernées.
Voici un extrait de l’article « Territoires, souverainetés et frontières : quand les dynamiques réticulaires défient les logiques étatiques » (A. DIAGANA, pp 103-109) qui porte sur les frontières en Afrique de l’Ouest notamment dans le « pays frontière » entre le Mali, la Mauritanie et le Sénégal ainsi qu’une ébauche de l’approche africaine de la frontière :
A l’heure de l’ouverture des frontières à l’échelle mondiale, les Etats de l’Afrique de l’Ouest peuvent-ils faire l’économie d’une plus grande souplesse dans la façon dont ils conçoivent l’administration des territoires frontaliers ? Les dynamiques aux marges vont dans le sens de la mise en avant des considérations économique, politique et sociologique, en vue d’offrir aux territoires périphériques l’opportunité de s’aménager en fonction des synergies locales. Sous cet angle, la relation au territoire s’appréhende sous une perspective plus fonctionnelle, c’est-à-dire à l’échelle micro. Le long des régions étudiées, l’urbanisation a ouvert aux grandes villes de nouvelles opportunités qui reposent sur le dynamisme des marchés frontaliers. Mais par la nature des activités qui y fleurissent en raison même de leur position excentrée, ces régions dynamiques souffrent de l’absence d’une coopération transfrontalière plus axée sur des problématiques qui leur sont spécifiques. La situation relance le débat sur le choix de l’échelle à laquelle les activités sont encadrées en intégrant au mieux les réalités locales.
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Abdoulaye DIAGANA
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