Ould Boulkheïr OUT, Ould Mansour IN : Les écheveaux d’une inextricable intermédiation

Alors que le président Messaoud Ould Boulkheïr de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), membre d’une coalition en rupture de banc par rapport à la coordination de l’opposition, était promu pour mener l’intermédiation entre le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz et l’opposition irréductible, voilà que les donnes changent.

Cette fois, c’est par l’entremise d’un membre direct de la COD, en l’occurrence l’Islamiste Jemil Mansour, objet pourtant de diabolisation à outrance de la part du pouvoir ces derniers temps, de jouer le rôle d’émissaire entre les deux blocs.

Après la polémique provoquée par la position du parti Tawassoul par rapport à sa participation aux prochains scrutins, en total déphasage avec la position de ses camarades de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), ce dernier se retrouve comme émissaire chargé de trouver le consensus entre sa famille politique et le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. C’est dans ce cadre qu’il a été ciblé par le Premier ministre pour informer l’opposition de la disponibilité du pouvoir à renouer le dialogue pour arrondir les angles de leur participation aux futures élections législatives et municipales du 23 novembre prochain. Cette intermédiation, qui semble mettre fin au rôle de Messaoud Ould Boulkheïr plusieurs fois reçu par le président Mohamed Ould Abdel Aziz pour la cause, serait intervenu après la réunion tenue dimanche dernier par la COD. L’invitation du Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf adressé aux leaders de la COD créa alors une véritable polémique au sein de cette coalition, entre ceux qui acceptaient d’accorder au pouvoir une dernière chance de rectifier le tir avant une décision définitive et les faucons qui en appelaient à la prude, notamment le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Daddah et le parti UNAD de Ould Abeidna. Ces deux partis avaient justifié leur appel à la prudence à la lumière des faux engagements de Mohamed Ould Abdel Aziz par rapport à l’Accorde de Dakar de 2009 et le dialogue exclusif de 2011.
Toujours est-il que les leaders de la COD seraient sortis de leur conclave avec un accord de principe quant aux propositions du pouvoir pour une concertation. En même temps, ils se sont opposés à toute consultation individuelle, prônant une action commune et le dialogue avec le pouvoir en tant que COD et non en tant qu’entités indivuelles. Ould Mansour fut chargé de remettre au Premier ministre leur réponse assortie de demandes formelles de garanties pour leur participation aux élections. Pour certains observateurs, le fait que la COD ait accepté de discuter avec le pouvoir constitue une grande tournure dans le bras-de-fer qui les oppose au pouvoir dont elle n’avait de cesse de réclamer son « Rahil » pour incapacité et impotence. La nouvelle position de la COD sera consolidée d’ailleurs par la mise en place d’une commission constituée d’Ahmed Ould Lafdal du RFD, Moussa Fall, indépendant, et Lô Gourmo de l’UFP. La mission de cette commission est de lister les conditions préalables réclamées par la COD pour toute négociation avec le pouvoir.

Aujourd’hui, toutes les options sont sur la table en attendant la réponse que le pouvoir va accorder aux exigences de l’opposition.

MOMS

Source : L'Authentique le 18/09/2013{jcomments on}

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