Accord de pêche Mauritanie-Sénégal : Quand les experts pêchent en eaux troubles !

Les experts mauritaniens du ministère de l’Economie maritime et des Pêches et leurs homologues sénégalais se sont rencontrés du 9 au 11 janvier courant dans la capitale mauritanienne pour plancher sur le renouvellement du protocole de la convention du 25 février 2001 entre les deux Etats dans le domaine de la pêche et de l’économie maritime.

Comme nous l’avons annoncé dans notre édition du jeudi 12 janvier courant, les négociations échoppent sur le débarquement !Car les deux parties sont restées intraitables sur leurs positions.
Ce nonobstant, les deux chefs de la délégation se sont félicités des relations privilégiées, qui lient la Mauritanie et le Sénégal et ont réitéré la volonté des autorités des deux pays, à ne ménager aucun effort pour faire de la coopération bilatérale dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture, un modèle d’intégration économique. Et qu’au terme d’échanges fructueux, les deux parties ont chacune proposé les modalités pratiques de mise en œuvre du nouveau protocole. Comme l’atteste la copie du procès-verbal qui est parvenue dans notre rédaction.
Deux propositions antinomiques
En effet, la partie mauritanienne a rappelé la politique suivie par le Département en matière d’aménagement des ressources et des pêcheries, qui se base pour l’essentiel sur la mise en œuvre des plans d’aménagement notamment de la pêche artisanale et côtière. Cette politique édicte les principes de la gestion par quota pour la maîtrise de la capacité de pêche pour les différents segments des pêcheries. Pour cause, les experts mauritaniens ont fait une série de propositions en vue de faciliter l’application du protocole, entre autres, l’allocation d’un quota de 15000 tonnes annuellement pour les pêcheurs sénégalais de Saint-Louis, le débarquement de la totalité des captures en Mauritanie et l’acheminement des produits librement vers leurs destinations finales au Sénégal. Ce débarquement pourra se faire au choix dans la zone située entre PK93 et le Marché des poissons de Nouakchott, le passage de N’Diago sera maintenu mais amélioré pour permettre un contrôle efficient, la limitation du zonage à 10 milles, au large, pour toutes les embarcations de pêche artisanale. Quant à la partie sénégalaise, elle a proposé : le maintien du système actuel de délivrance de licences libres, l’augmentation à défaut, le maintien du nombre de licences actuelles, le maintien du débarquement obligatoire de 15% avec l’amélioration des conditions de réalisations, l’amélioration de la quantité des scellés sur les pirogues, le maintien du point de passage de N’Diago en améliorant les conditions du contrôle pour qu’elles soient optimales. Sur ce, les deux parties se sont quittés le mercredi dernier. Et elles pourraient se réunir ce lundi sous l’égide des deux ministres de l’Economie maritime: Aghdhefna Ould Eyih de la Mauritanie et Khouraîchi Thiam du Sénégal pour se pencher derechef sur le renouvellement du protocole de la convention 300 licences de pêche, mais règlement du dernier incident intervenu entre les gardes côtes mauritaniennes et les pêcheurs sénégalais, qui a fait 4 blessés par balle du côte des pêcheurs

Camara Mamady

Source  :  Le Rénovateur le 16/01/2012

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