Non. Je ne suis pas contre l’Islam. Dieu s’adresse aux humains doués de raison, il invite donc à exercer notre esprit critique pour mieux percer certains mystères de sa Création. Par contre, je suis contre tous les obscurrantismes, fussent-ils religieux, politiques ou que sais-je encore.
Dieu s’adresse aux humains doués de raison, il invite donc à exercer notre esprit critique pour mieux percer certains mystères de sa Création. Par contre, je suis contre tous les obscurrantismes, fussent-ils religieux, politiques ou que sais-je encore.
Je viens d’entendre aujourd’hui ce reproche récurrent de combattre l’İslam et c’est souvent le cas quand je dis une vérité parfois banale sur cette religion alors qu’elle est méconnue par la plupart des muslims, en particulier les mohamétans mauritaniens et sénégalais.
Par exemple, dans un de mes écrits j’avais affirmé que le prophète Mohamed n’avait jamais vu ce Coran qu’on a entre les mains, que ce livre divin est une œuvre humaine. En effet, plusieurs versions de coran ont été brûlées pour aboutir au mushaf du Calife Othmane Ben Affane. Cf mon article intitulé « Haro sur les peuls fanatisés » paru en mars 2024 :
RELIGIONS : HARO SUR LES PEULS FANATISÉS ! / Par Ciré KANE
Certains ont vu mes publications comme des affirmations gratuites pour salir l’Islam. Et pourtant c’est ce que rapporte la tradition islamique elle-même sur les compilations du Coran. Moi-même je la tiens d’un de mes maîtres coraniques, qui s’empressait de me rassurer en ajoutant que c’est Dieu lui-même qui supervisait tous les travaux pour rassembler dans un seul livre 23 ans de révélation(de 610 à 633).
Je pourrais citer d’autres cas ayant entraîné des réactions de muslims très peu formés à chaque fois que je partageais mes recherches sur les religions abrahamiques ou la spiritualité africaine. Ce sont des muslims, bien plus que les chrétiens pratiquants qui semblent mieux connaître leurs textes et l’histoire de leur religion, qui, par ignorance, croient que j’invente des faits pourtant puisés dans le Coran ou les hadiths.
D’abord, vu que je suis né muslim, je m’excuse auprès de tous les muslims pour ne pas avoir effectué cette mise au point plus tôt. J’aimais aborder l’Histoire des religions en étant le plus proche possible des récits passés et sans trop inviter le pulaagu, ma spiritualité, les croyances originelles des fulɓe (peuls). D’ailleurs beaucoup de fulɓe mixent islam et pulaagu, leur partie commune étant le bon sens: le partage, respecter sa parole, ne pas rompre les liens de sang, ne pas voler,…
Revenons à aujourd’hui, lundi. En répondant à un commentaire sur l’apport en Europe de la philosophie islamique, ma réponse a encore été interprétée comme anti islamique. Non ! Je ne suis ni contre l’islam, ni contre l’athéisme, ni contre aucune croyance ou opinion dès lors qu’elle s’exprime sans violence ni contraindre qui que ce soit.
J’ai juste reçu une solide formation scientifique (bac+5 en sciences physiques) qui m’a doté de réflexes consistant à vérifier les faits. Bien entendu, je ne crois pas à tous les propos attribués à Dieu. L’Éternel n’a rien écrit, tous les livres sont l’œuvre des humains. Mais certaines écritures m’ont tellement pénétré que je pense qu’elles émanent de l’Unique. Exemple le verset 5:48 où Dieu explique que s’il avait voulu, il nous aurait créé d’une seule race, le verset 49:13 complète que notre diversité est pour que nous nous entre-connaissions. J’aime coupler ces deux versets dont l’enseignement fait partie des meilleures feuilles du Coran.
J’ai appris du Pulaagu, du Coran, de la Bible, et il me tarde d’apprendre de ce que Dieu a révélé à d’autres peuples pour contribuer à l’érection d’un humanisme universel où la première valeur serait le respect de tous les êtres vivants. Il faudrait que je commence à arrêter de manger de la viande. La route sera longue mais, rien que tendre vers cet idéal me réalise au quotidien.
Alors, suis-je toujours muslim? À vous, des plus fanatiques, aux plus modérés, de me donner vos avis. En ce qui me concerne je vais m’appuyer sur ce verset:
« Ceux qui ont cru, ceux qui sont juifs, les chrétiens et les sabéens, quiconque croit en Dieu et au Jour dernier et accomplit de bonnes œuvres, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n’auront aucune crainte et ne seront pas attristés. » Coran 6:62.
Je me reconnais dans ceux qui croient en un Dieu Unique et tentent d’accomplir de bonnes œuvres.
Je me reconnais particulièrement dans le culte des sabéens, mes ancêtres noirs partis de Kuush pour se répandre au Moyen-Orient.
Et, pour finir, je rappelle que l’un des 6 piliers de la foi islamique est de croire aux premiers livres. Les papyrus de Kemet et Kuush, dont les hymnes à Amon, en font partie, ce sont les 1ères traces du Monothéisme.
Voilà ce qui est suffisant pour dire que je serai toujours d’éducation muslim et je suis très reconnaissant à tous mes éducateurs religieux : Abdulaay mon père, Ceerno Aamadu Tiin, ceerno Siree Tooly, l’imam Buddah Buçeïri, Ceerno Hamdin Kan,…
Je n’oublie pas la référence transmise par la lecture du livre « Vie et enseignement de Tierno Bocar, le sage de Bandiagara » de l’historien Amadou Hampathé Ba: ceerno Bookar Saalif Taal.
Mais ceerno Yuunus, dont j’écoutais les cassettes audio dès le Collège, est celui qui m’a le plus influencé et initié à la pensée islamique critique. J’ai un souvenir précis: mbiiɗon baaba aadam ko ummi dow asamaan tan wii e leydi put? (Ainsi donc, Adam a quitté les cieux pour atterrir brusquement sur la Terre? ) La réponse à cette question était une invitation à réfléchir, à revenir aux siècles de lumière qui ont vu le rayonnement de l’islam. Plus tard, l’élève que j’étais était devenu adulte et commençais à ne pas toujours être d’accord avec son professeur, mais c’est Yuunus qui m’a donné certaines clés de lecture et de compréhension du Coran. C’était un éveilleur des consciences trop longtemps endormies par des chefs religieux qui avaient « moutonisé » les fidèles.
Je me souviendrai toujours du père Jacques Pê, qui a scellé en 1998 à l’église mon union avec celle qui est toujours, par la grâce de Dieu, mon épouse. Par lui j’ai compris que la trinité était un monothéisme pur et d’autres actes de foi. Mais, vu que je ne suis pas chrétien, je ne peux pas en dire plus sur cette religion que je respecte.
Pour finir, rendons hommage à Yero Dooro Jallo, chantre du Pulaagu, la spiritualité des fulɓe. Il nous manque.
Yoo Geno aynu reena !
10 août 2026
Siree KAN alias Sammba Ndeet
(Reçu à Kassataya.com le 11 août 2026)
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