Le Lundi 19 octobre 2026, les membres de la Diaspora mauritanienne ont massivement répondu à l’appel lancé par leurs représentants pour protester –– contre les pratiques discriminatoires dans la gestion des affaires de la Diaspora sous la direction de l’Ambassadrice Cissé Cheikh Boidé.
Dans un contexte marqué, selon les manifestants, par un système politico-militaro-raciste qui discrimine, exclut et divise, les pratiques de l’ambassade n’ont rien de surprenant. Elles constituent plutôt le prolongement logique de ce qui se passe au niveau national. Cependant, les autorités doivent comprendre que la Diaspora est fermement résolue à défendre ses droits et sa dignité.
La manifestation a débuté par une prière à la mémoire de Mère Houleye Sall, symbole de la lutte contre l’injustice et l’impunité en Mauritanie, ainsi qu’en hommage à toutes les victimes des violations des droits humains.
Par la suite, les chefs de délégation ont pris la parole à tour de rôle pour dénoncer les pratiques discriminatoires qui, selon eux, persistent au sein de l’ambassade. Dans des interventions claires et sans équivoque, ils ont rappelé aux autorités diplomatiques que l’ambassade est la maison du peuple et qu’elle doit être au service de tous les citoyens, sans discrimination ni exclusion. Tous les citoyens mauritaniens doivent bénéficier d’un traitement fondé sur la justice, l’équité et l’égalité.
« Nous voulons une diplomatie de justice, d’unité et d’inclusion, et non une diplomatie d’injustice, de division et d’exclusion », a déclaré l’un des intervenants.
Les slogans scandés par les manifestants étaient tout aussi éloquents. Les passants pouvaient notamment lire : « Non à la diplomatie sans représentation » et « La diplomatie au service de la justice, et non de l’exclusion ».
Au-delà des dénonciations visant le fonctionnement de l’ambassade, les intervenants ont également évoqué les nombreuses injustices qui, selon eux, continuent de s’aggraver en Mauritanie. Parmi les questions soulevées figuraient–– la discrimination raciale, le passif humanitaire, l’esclavage, le génocide biométrique, l’accaparement des terres, l’officialisation des langues nationales ainsi que la situation des prisonniers politiques.
Bien que cette action ait été dirigée contre les pratiques de l’ambassade á l’égard de la Diaspora, les revendications exprimées témoignent de la volonté des manifestants d’inscrire leur mobilisation dans le contexte plus large de la lutte pour la protection et la promotion des droits humains en Mauritanie.
À la demande de l’ambassade, une délégation de la Diaspora composée de trois représentants : de Bakary Tandia, Aissata Niang et Ahmed Baba de la Diaspora a rencontré trois officiels de l’ambassade : Alassane Aw, Conseiller, Chargé de l’État Civil ; Mohamed Lemine, Conseiller Chargé des Affaires Consulaires, et Ahmed Jafar, Assistant auprès des Affaires Consulaires. Mr. Aw et Mr Lemine, dans leurs interventions ont décrit les fonctions et services relevant de leurs responsabilités respectives, affirmant que ceux-ci étaient fournis sans distinction. Ils ont également indiqué que les portes de l’ambassade étaient ouvertes à tous les membres de la Diaspora.
En réponse, les délégués ont souligné l’existence d’un sérieux déficit de confiance entre la Diaspora et l’ambassade, qui rend toute concertation sincère particulièrement difficile. Ils ont notamment déploré que l’ambassadrice n’ait jamais effectué de visite auprès des communautés qu’elle est pourtant censée servir.
Ils ont également regretté qu’elle n’ait pas jugé utile de rencontrer personnellement la délégation. À leurs yeux, cette absence de contact direct constitue une occasion manquée de sa part de tendre la main à la Diaspora pour créer les conditions propices à l’ouverture d’un dialogue constructif.
Les délégués ont par ailleurs critiqué le fait que l’ambassade semble fonder ses interactions avec les organisations de la Diaspora sur la possession d’un récépissé délivré par les autorités américaines. Selon eux, une telle approche témoigne d’une méconnaissance du paysage associatif de la Diaspora mauritanienne, ainsi que de ses modes d’organisation et de fonctionnement.
Ils ont fait remarquer qu’un récépissé peut être obtenu par un groupe aussi limité que trois personnes qui pourraient même être des membres d’une même famille, sans nécessairement refléter l’ampleur de l’engagement communautaire d’une telle organisation. À l’inverse, des associations villageoises comptant des centaines de membres et contribuant de manière significative au développement social et économique de la Mauritanie risquent ––– d’être exclues du processus de consultation sur la base de ce seul critère administratif, qu’ils jugent dépourvu de pertinence dans ce contexte.
À titre d’exemple, ils ont cité l’Association des ressortissants de Fondu, un village situé près de la ville de Kaédi, qui compte des centaines de membres. Grâce à ses investissements et à son engagement collectif, cette association a contribué à améliorer considérablement les conditions de vie sociales et économiques dans son village et ses environs. L’impact de ses initiatives a fait de Fondu un village––modèle dans la région.
De tels exemples sont nombreux au sein de la Diaspora mauritanienne. Ils illustrent l’importance des contributions des associations communautaires au développement local et national.
Par conséquent, les délégués ont appelé l’ambassade à revoir sa méthodologie de concertation avec la Diaspora mauritanienne établie aux États-Unis, afin de garantir une représentation plus inclusive, plus équitable et plus fidèle à la diversité des structures communautaires.
Les membres de la délégation ont également informé leurs interlocuteurs que la pétition lancée dans le cadre de cette mobilisation demeure active. Une fois la collecte des signatures officiellement clôturée, une copie sera formellement transmise à Son Excellence Madame Cissé Cheikh Boidé, Ambassadrice de la République islamique de Mauritanie aux États-Unis d’Amérique.
Cette démarche vise à donner une suite officielle aux revendications exprimées et à maintenir la pression en faveur de changements concrets dans la gestion des affaires de la Diaspora.
Dans l’attente de la transmission formelle de la pétition, les délégués ont présenté les revendications suivantes au nom de la Diaspora :
- Une diplomatie de justice et d’inclusion : nous exigeons que tous les citoyens mauritaniens soient traités sur un pied d’égalité, sans aucune forme de discrimination ni d’exclusion.
- Une communication transparente et responsable : nous exigeons une communication régulière, efficace et accessible avec la Diaspora, fondée sur les principes de transparence et de redevabilité.
- Une représentation équitable dans les instances de décision : nous réclamons une place légitime à la table des décisions afin que notre voix soit entendue et que nos droits soient pleinement pris en compte.
- La reconnaissance du caractère multiracial et multiculturel de la Diaspora : nous exhortons les autorités diplomatiques à tenir objectivement compte de sa diversité dans leurs décisions, leurs consultations et leurs pratiques.
- Le respect de nos droits, et non des faveurs : nous ne demandons aucun privilège. Nous réclamons simplement le respect de nos droits en tant que partie intégrante de la Diaspora mauritanienne.
Enfin, nous remercions chaleureusement toutes celles et tous ceux qui, par leur présence ou leurs diverses contributions, ont participé au succès remarquable de cette manifestation, un succès qui mérite d’être célébré.
La mobilisation a rassemblé des manifestants venus de Philadelphie, en Pennsylvanie, de San Antonio, au Texas, de Cincinnati, dans l’Ohio, de la région métropolitaine de Washington, D.C., ainsi que de New York. Certains ont témoigné de leur détermination en parcourant –– plus de mille miles pour être physiquement présents à la manifestation.
Nous saluons la détermination et la persévérance de toutes celles et de tous ceux qui ont maintenu ce combat au fil des années. Nous sommes également fiers de l’énergie remarquable de la jeunesse, qui vient d’insuffler un nouvel élan à la lutte pour la justice, la gouvernance démocratique et l’État de droit en Mauritanie.
Cette mobilisation envoie un message clair : la Diaspora mauritanienne ne saurait être ignorée, marginalisée ou exclue des décisions qui la concernent. Elle entend continuer à faire entendre sa voix, à défendre ses droits, et à réclamer sa place á la table des décisions.
En tant que défenseur des droits de l’homme, je suis très fier d’avoir participé à cette action hautement louable, expression de notre engagement collectif en faveur de la justice, de l’égalité, de la dignité humaine et du respect des droits fondamentaux.
La lutte continue !
Bakary Tandia, New Rights Advocate
New York City – Octobre 20, 2026
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