Courrier international  – “Vingt ans peuvent tout changer”, constate le site de CNN. En 2006, le passeport des États-Unis était le meilleur sésame pour parcourir le monde, offrant à ses citoyens des facilités alors uniquement égalées par ceux du Danemark et de la Finlande. Mais, en 2026, la situation est tout autre, constate le site d’information : les États-Unis se retrouvent en 10e position du dernier classement annuel des 199 passeports analysés par Henley. Mais, comme la firme londonienne accorde la même position aux pays ayant le même score, “en réalité, 36 pays sont classés devant eux”. La Finlande et le Danemark sont au 4e rang, derrière 5 autres pays.

Les Émirats arabes unis sont la nouveauté du top 5 de Henley. “Ce pôle financier et touristique, remarque CNN, a grimpé cette année au 2e rang du classement, ex æquo avec le Japon et la Corée du Sud. Les citoyens de ces trois pays bénéficient d’un accès sans visa à 188 destinations à travers le monde.” C’est mieux que la France, qui, au 4e rang, permet aux détenteurs de son passeport un accès à 186 pays, ou encore le Canada, note Daily Hive, qui campe au 7e rang “avec son passeport offrant aux citoyens un accès sans visa à 183 destinations”.

C’est toutefois moins que Singapour. Le passeport rouge de la cité-État asiatique trône tout en haut du palmarès : il permet un accès impressionnant à 192 pays à travers le monde. C’est beaucoup plus que les 58 destinations possibles lors du lancement en 2006 du classement de la firme londonienne.

Mobilité accrue dans un monde moins pacifique

Cependant, “cette expansion de la mobilité internationale coïncide avec un déclin continu de la paix mondiale”, observe Travel Daily News. Le site grec spécialisé en voyages écrit que la 20e édition de l’Indice mondial de la paix de l’Institut pour l’économie et la paix fait état d’un nombre de conflits interétatiques jamais atteint depuis la Seconde Guerre mondiale : “Sur les 163 pays étudiés, 119 sont aujourd’hui moins pacifiques qu’en 2008.”

Le président de Henley, Christian H. Kälin, affirme que les données mises en évidence par son classement depuis vingt ans montrent que la puissance d’un passeport est l’une des expressions les plus claires du capital géopolitique d’un pays et constitue un reflet bien plus parlant que la paix ou la prospérité. Selon lui, “les passeports les plus puissants du monde appartiennent aux nations que les autres pays souhaitent avoir comme partenaires – pour le commerce, l’investissement, la sécurité ou la coopération”.