Courrier international – “Recherché” est le mot qui barre la une du quotidien saoudien Arab News, au-dessus de la photo d’Aïdarous Al-Zoubaïdi, chef de file du mouvement sécessionniste yéménite du Conseil de transition du Sud (CTS).
Début décembre, ce mouvement avait conquis de vastes territoires dans le Yémen du Sud. Fort de ces succès, leur chef, Aïdarous Al-Zoubaïdi, a ensuite annoncé, le 2 janvier dernier, qu’il comptait organiser un référendum pour déclarer l’indépendance d’un État du Yémen du Sud dans les deux ans.
Ses ambitions se sont toutefois heurtées à l’Arabie saoudite, qui voit d’un mauvais œil ce projet. Après avoir chassé le CTS des positions conquises, elle avait “invité” Aïdarous Al-Zoubaïdi à se rendre à Riyad pour un “dialogue inclusif” des différentes factions yéménites. Mais il a craint d’être fait prisonnier par les Saoudiens, ou de subir le même sort que l’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, qui avait été retenu à Riyad et forcé d’annoncer sa démission, en 2017.
Objet de discorde entre Saoudiens et Émiratis
Au lieu de quoi, Aïdarous Al-Zoubaïdi avait d’abord disparu des radars, et les rumeurs disaient qu’il avait rejoint le maquis dans les montagnes de sa province natale. Or les Saoudiens accusent désormais les Émirats arabes unis de l’avoir exfiltré par la mer, d’abord vers le port de Berbera, au Somaliland, puis par avion vers Abou Dhabi.
Il a entre-temps été accusé de haute trahison par le gouvernement internationalement reconnu du Yémen, allié des Saoudiens. Sa présence aux Émirats arabes unis constituera un nouveau point de crispation entre Saoudiens et Émiratis, dont les relations sont déjà au plus mal.
Aux dernières nouvelles, une cinquantaine de membres du CTS du Yémen du Sud sont en revanche bien arrivés à Riyad ce mercredi 7 janvier pour le “dialogue inclusif”. On n’a quasiment pas de nouvelles d’eux depuis, et le CTS accuse l’Arabie saoudite de les “détenir arbitrairement”.
ArabNews (Djeddah)
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Source : Courrier international (France)
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