Courrier international – C’est avec un dessin représentant Donald Trump prenant violemment le ballon de la Coupe du monde en plein visage que le quotidien conservateur iranien Farhikhtegan a décidé d’illustrer l’ouverture de la compétition organisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada dans son édition du 10 juin.
Un dessin barré du titre “Criminel mondial”, en référence, bien sûr, à la guerre qui oppose les États-Unis à la République islamique depuis le 28 février.
Mais aussi, plus largement, au climat qui s’est installé avant le coup d’envoi officiel de cette Coupe du monde marquée par les polémiques autour des visas de l’équipe nationale d’Iran, mais pas seulement.
“La Coupe du monde 2026 a un problème majeur : Donald Trump”, écrit le journal. “Le président américain a appliqué à la gouvernance sportive la même approche qu’en matière de politique étrangère, tel un Jimmy Jump obstiné et agaçant”, du surnom d’un célèbre “streaker” connu pour ses irruptions sur les terrains lors de grands événements sportifs.
“Après avoir semé le chaos aux quatre coins du monde par ses méthodes agressives, il a maintenant choisi le rectangle vert comme nouvelle toile de fond pour ses démonstrations de force”, écrit Farhikhtegan.
Un climat délétère
“Ainsi, Donald Trump instrumentalise en réalité le tournoi en faisant usage de son pouvoir en matière de délivrance de visas”, observe le quotidien.
Notamment en ce qui concerne l’équipe d’Iran. La délivrance tardive des visas – refusée à une quinzaine de membres de sa délégation, parmi lesquels plusieurs membres de l’encadrement ainsi que le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj – a perturbé la sélection dans sa préparation.
Après des tergiversations, elle a dû installer à la dernière minute son camp de base au Mexique. De plus, elle ne sera autorisée à entrer aux États-Unis, où sont programmés ses trois matchs de poule, que la veille de ses matchs, avant de devoir quitter le territoire quelques heures après chaque rencontre. À quoi s’ajoute le retrait du quota de tickets attribués à la fédération iranienne.
Mais le journal souligne que les inquiétudes ne concernaient plus seulement la “Team Melli”, citant le refus d’entrée sur le territoire américain opposé à l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, ainsi que la brève rétention, à l’aéroport, d’un joueur de l’équipe nationale irakienne. Désormais, “des supporteurs de football du monde entier redoutent les contrôles de l’immigration américaine” lorsqu’ils se rendent aux États-Unis.
Il reproche par ailleurs à la Fifa d’avoir créé pour un Prix pour la paix, épisode qui “a porté un coup de grâce à la réputation” de l’organisation.
Avant de conclure : “Le gouvernement américain organise la Coupe du monde dans un climat qui suscite de vives critiques à travers le monde. Pour beaucoup, le trumpisme se fait désormais sentir bien au-delà de la sphère politique.”
Farhikhtegan
Fondé comme un hebdomadaire en 1993 avant de passer en quotidien en 2009, « Farhikhtegan » – « les intellectuels » en persan – est un quotidien iranien conservateur à tendance modérée, dont la ligne éditoriale suit celle du pouvoir en place.
Source : Courrier international (France)
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